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1. Tome premier [A - AKR]
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©nt le plus contribué, soit à défricher les•terres incultes, íoit à arracher les roncesSc les épines de dessus celles qui en étoientcouvertes. On réadmet plus aucun fait fansdes preuves de fait ; on n'affirme plus au-cune proposition fans des preuves de raison-nement. Quand les unes ou les autres deces preuves manquent, on suspend son ju-gement, ou, si Ion hasarde des décisions,elles íbnt vigoureusement relancées; per-sonne n'étant plus d'humeur de voir par lesyeux d'autrui, Sc de fe rendre à la simpleautorité de qui que ce soit.

Que relie -1 - il donc à faire 3 Les Acadé-mies ont, selon moi, une nouvelle tâcheà remplir, une nouvelle révolution à opérer;tâche peut-être plus difficile que les pré-cédentes, révolution à laquelle je prévoisles obstacles les plus puilfans, si tant estqu'ils ne íbient pas insurmontables. L'en-nemi que la ícience a aujourd'hui en tête,Sc qui partage avec elle l'empire deslettres, ou plutôt qui l'a presque usurpéSc envahi tout entier, c'est le demi-savoir.Qu'est-ce que ce demi-savoir ? Que peu-vent Sc que doivent faire les Académiespour 1 extirper ì Ces objets me paroisièntdignes d'une attention toute particulière.

Le demi-savoir est une expression con-nue Sc reçue, dont je me propose de fixerle sens relativement à monlbut. J'enlfaisdonc un terme générique, par lequel j'en-tends tout degré de connoissuice , qui n'estpas exactement apprécié par ceux qui lepossedent. Ainsi le mot de demi n'est em-ployé que pour abréger. Divisons le savoir«n cent portions : celui qui en a dix, &celui qui en a quatre-vingt-dix, s’ils croientl'un & l'autre avoir les cent, font des demi-íâvans ; ils prennent la partie quelconquepour le tout.

Il s'ensuit donc delà d’abord que je n'ap-pelle pas demi-savans ceux qui, ne sachantque certaines choses , lavent en mêmetemps & reconnoistent qu'ils ne laventque ces choses-là. Ce font au contraireles citoyens les plus estimables de la ré-publique des lettres. Le savoir universeln’existe point: les íavans qu'on a décorésde cette épithete , font ceux qui ont lemieux senti combien peu elle leur con-venoit. Si vous posséder un champ que

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vous avez bien cultivé, je vous regarderaicomme un bon laboureur, & je vousdonnerai les éloges que vous méritez in-contestablement ; mais si vous prétendezetre un seigneur, un prince, je me mo-querai de votre vanité. Le botaniste est uasavant, quoiqu'il ne soit pas chymiste ; Scle chymiste un lavant, quoiqu'il ne íoit pasbotaniste. Celui qui n'est exactement aulait que des champignons, est un savant,quoiqu'il ignore le reste de la botanique gil en est de même du métallurgiste, quoiquetoutes les opérations du laboratoire chy-mique ne soient pas son fait. En un mot,celui qui laie bien une chose, est savantquant à cette cholè-là, & n'est point uademi-íàvant, s’il ne s'arroge rien au delà:en faiíànt allusion à un proverbe, qui n'estpas assez noble pour le citer, je dis que,si chacun faifoit ainsi son métier, les sciencesseroient mieux cultivées.

Ces hommes simples Sc modestes fontle petit nombre ici, tout comme en moraleSc dans la íociété : on ne rencontre detoutes parts que gens à prétentions ; il s'agitde les caractériser, Sc, pour ainsi dire, deles nuancer.

La premiere nuance, mais si ob-sturequ'elle ne mérite pas d'arrêter long-tempsnos regards, c'est celle qu'offrent des gensqui n'ont que la teinture d'une íèule science,Sc qui croient y primer , y exceller. Cetteillusion est rare dans les sciences exactes ,telles que la Géométrie, Sc toutes ses dé-pendances; mais elle est commune dans lesautres sciences, telles que la métaphysique,la morale, le droit naturel, la politique ;tout fourmille de gens qui s'annoncent Scs'affichent pour savoir le fin, si j'ose m'ex-primer ainsi, & avoir le íecret de cesíciences, tandis qu'ils ne font qu'y bal-butier.

Ne les tirons pas davantage de leur obs-curité, Sc considérons ceux qui poíledenten effet une science, Sc y ont même prisun vol auffi élevé qu'elle le permet. Lahauteur de ce vol leur fait quelquefoistourner la tête, Sc alors ils donnent aisé-ment dans l'une ou l'autre de ces deuxchimères ; c'est de croire leur science uniqueou de la croire universelle. Ils croient leurscience unique, lorsque toutes les autres

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