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1. Tome premier [A - AKR]
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s’apetiísent Sc s’anéantissent presque à leursyeux. A quoi bon les spéculations du mé-taphysicien, dit le géomètre ? A quoi bonles calculs du géomètre, dit le métaphysi-cien? & ainsi des autres. Ils croient leurscience universelle, lorsqu’en admettant laréalité , futilité des autres sciences, ils veu-lent les subordonner à celle qu’ils professent,dont les principes font, à leur avis, pri-mitifs & irréíolubles. Cependant il n’y aqu’tme science premiere, c’est f Ontologie ;Sc quiconque méconnoît ses droits, eùt-ilrésolu les plus importans problèmes des plushautes sciences, n est qu’un demi-savant ;ïl n’est sur-tout qu’undemi-philofophe, oupour mieux dire il né est point philosophe,puisqu’on ne f est pas, en tant qu’on s’estapproprié les connoi stances qui font duressort de la philosophie, mais en tantqu’on a cet esprit philosophique, qui estpour le vrai savant ce qu’est l’art de latactique pour un grand général. Cependantil n’est point du tout surprenant qu’un hom-me qui s’est dévoué à une science, qui en afait son seul objet pendant toute fa vie, enait la plus haute idée, la regarde commeunique, ou comme universelle: c’est là unedes soiblesses les plus naturelles à f homme.On a bien vu à Paris un maître à danser,le fameux Marcel, qui parloir de son art,comme s’il donnoit le branle à la société,à l’état ì & pour peu qu’on l’eut fâché, ilauroit peut-être ajouté aux planètes , àtoutes les sphères.

Les nuances précédentes ne font quepartiales j en voici une générale, domi-nante, qui donne à ce íiecle le ton decouleur auquel il est reconnoiílahle, Sc ledemeurera probablement aux yeux dessiécles à venir. On aime à l’appeller leJìecle de la philosophie : fans nier entiè-rement l’assertion, je i’appelleroîs volon-tiers le Jìecle du demi-savoir. il s’agit dejustifier ce que j’ose avancer, & c’est àquoi je vais travailler.

La premiere révolution opérée dans.l’essprit humain, on l’a vu, a été de lui fairesecouer le joug du faux savoir : Defcartes,Newton, Leibnitz, les Académies.; voilàles instrumens de cette révolution.. Et jene puis m’empèeher de remarquer qu’aucunouvrage n’a peut-être été plus efficace à

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cet égard, que cette partie des Mémoire»,de l ‘Académie des Sciences de Paris, quiporte le nom d ‘Hisoire , Sc que M. deFontenelle a faite pendant un demi-siécledune maniéré qui doit lui mériter unereconnoissance immortelle de la part de nosderniers neveux. C’étoit là la bonne route ;il falloit y rester : on auroit été bien loin.Mais elle étoit trop simple Sc trop sérieusepour fixer tous ceux qu’on invitoit à ymarcher, Sc sur-tout la nation volage auxyeux de laquelle on la traçoit.

Deux secours prétendus par lesquels onvouloir étendre Sc faciliter les études, vin-rent plutôt en détourner, Sc égarerenr leshommes dans toutes sortes de sentiers »dont les uns ne menent au but que parde longs circuits, Sc les autres y font en-tièrement tourner le dos. Je parle des jour-naux des dictionnaires. Je n’en ferai pasl’histoire qui rempliroit des volumes. Jen’en contesterai pas les avantages , à lesprendre dans la simplicité de leur origineSc dans les limites de leur destination. Mais,bon Dieu! à quoi ces premiers comme n-cemens n’ont-ils pas conduit ? Une com-paraison exprimera ce que je pense. Quel-qu’un souhaite de la pluie pour arroser sonchamp j un nuage se forme , grossit, & encrevant.au dessus, le submerge. Voilà pré-cisément fesser du déluge des deux fortesde productions que nous venons de nom-mer. Cependant, & c’est ce qui les a tantmultipliées, rien n’égale f avidité avec la-quelle elles ont été reçues ; Sc quoi-qu’elies. souffrent actuellement quelque disscrédit, 11 se passe peu d’années où l’on n’envoie éclorre de nouvelles. D’où vient cettevogue ? De feípéraace qu’on a ccnçue dedevenir íavans par ces lectures, fans est uyerla longueur & la sécheresse des études pro-prement dites. Aussi le savoir, a-t-il germéSc pullulé de toutes parts. Mais quel savoir !Lisez les écrits qui ont paru depuis le com,mencement de ce siecle, ou pour ne pasvous demander l’impossible, lifez-en feule-ment, les titres; Sc vqus verrez qu’au lieud’un petit nombre de sitvans, qui seroientls.sel de la terre, cette terre est couverte ch' légions innombrables, de demi-savansqui nesont pas seulement dignes,d’enêrr.e appelles. le fumier > matière certainement bien 'plus,