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3. Tome troisième [APA - ATT]
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d’effets; ellen’acheve de grandes choses qu’à !l’aide des instrumens & des réglés : il en fautdire autant de ^entendement. Les instru-mens & les réglés font comme des musclessurajoutés aux bras , & des ressorts acces-soires à ceux de l’esprit. Le but de tout arten général, ou de tout système d’instrumens& de réglés conspirant à une même fin , estd’imprimer certaines formes déterminées furune base donnée par la nature ; & cette baseest ou la matière, ou l’esprit, ou quelque fonc-tion de l’ame , ou quelque production de lanature. Dans les<jm méchaniques , auxquelsje m’attacherai d’autant plus ici, que lesauteurs en ont moins parlé , le pouvoir deVhomme se réduit à rapprocher ou â éloignerles corps naturels. Uhomme peut tout ou nepeut rien , selon que ce rapprochement ou cetéloignement ejì ou n*est pas possible. (Voyeznov. org, )

Projet d’un traité général des arts mécha-niques. Souvent son ignore l’origine d’unart méchanique , ou l’on n’a que des connois-sances vagues fur ses progrès : voilà les suitesnaturelles du mépris qu’on a eu dans tousles temps & chez toutes les nations savantes& belliqueuses, pour ceux qui s’y font li-vrés. Dans ces occasions il faut recourir àdes suppositions philosophiques, partir dequelqu hypothèse vraisemblable, de quel-qir événement premier & fortuit, &c s’avan-cer de-là jusqu où Yart a été pousté. Je m’ex-plique par un exemple que Remprunteraiplus volontiers des arts méchaniques , qui fontmoins connus, que des arts libéraux , qu’ona présentés fous mille formes différentes. Sil’on ignoroit l’origine & les progrès de laverrerie ou de la papeterie , que feroit unphilosophe qui fe proposeroit d’écrire l’his-toire de ces arts ? Il supposeroit qu’un mor-ceau de linge est tombé par hasard dans unvaisseau plein d’eau , qu’il y a séjourné astèzlong-temps pour s’y distoudre ; & qu’au lieude trouver au fond du vaisseau , quand il aété vuidé, un morceau de linge, on n’a plusapperçu qu’uneespece de sédiment, dont onauroit eu bien de la peine à reconnoître lanature sans quelques filamens qui restoient,& quiindiquoient que la matière ptemiere dece sédiment avoir été auparavant sous la for-me de linge. Quant à la verrerie , il suppoíe-íoit que les premieres habitations solides que

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les hommes fe soient construites, étòîentdéterre cuite ou de brique : or il est impoíïuble de faire cuire de la brique à grand feuqu’il ne s’en vitrifie quelque partie ; c’est fouscette forme que le verre s’est présenté la pre-mière fois. Mais quelle distance immensede cette écaille sale & verdâtre , jusqu'à lamatière transparente & pure des glaces 1 S/c.Voilà cependant l’expérience fortuite , ouquelqu’autre semblable , de laquelle le phi-losophe partira pour arriver jusqu’où Yart dela verrerie est maintenant parvenu.

Avantages de cette méthode. En s’y pre-nant ainsi , les progrès d’un art seroient ex-posés d’une maniéré plus instructive & plusclaire, que par son histoire véritable, quandon la sauroit. Les obstacles qu’on auroit euà surmonter pour le perfectionner se présen-teroient dans un ordre entièrement naturel,& l’explication synthétique des démarchessuccessives de Yart en faciliterait Inintelligenceaux esprits les plus ordinaires , & mettraitles artistes fur la voie qu’ils auroient à suivrepour approcher davantage de la perfection.

Ordre qu’il faudrait suivre dans un pareiltraité. Quant à l’ordre qu’il faudroit suivredans un pareil traité , je crois que le plusavantageux feroit de rappeller les arts auxproductions de la nature. Une énumérationexacte de ces productionsdonneroit naissan-ce à bien des arts inconnus. Un grand nom-bre d’autres naîtraient d’un examen circonf-tancié des différentes faces fous lesquelles lamême production peut être considérée. Laptemiere de ces conditions demande uneconnoistance très-étendue de l’histoire de lanature ; & la seconde, une très-grande dia-lectique. Un traité des arts , tel que jele con-çois , n’est donc pas l’ouvrage d’un hommeordinaire. Qu’on n’aille pass’imaginerque cçfont ici des idées vaines que je propose, & queje promets aux hommes des découvertes chi-mériques. Après avoir remarqué avec un phi-losophe que je ne me lastè point de louer,parce que je ne me suis jamais Iaiïè de le lire,que l’histoire de la nature est incomplète fanscelle des arts : & après avoir invité les natu-ralistes à couronner leur travail fur les règnesdes végétaux, des minéraux des animaux,&c. par les expériences des ares méchaniques ,dont la connoistance importe beaucoup plusà la vraie philosophie ; j’oserai ajouter à son