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Farmi ceux qui se sont dérobés aux ou-trages du temps & qui font conservésdans les cabinets des curieux , on envoit de simples où aucune figure n’esttracée. Sur d’autres font empreintes desdivinités , des génies ; & on remarqueaux quatre coins des têtes de bœufs , desangliers & d’autres animaux. L’architec-ture, grossière dans fa naissance , nepouvoit leur prêter fa régularité & sesornemens ; & plus ils é toi en t informes& bisarres , plus ils inspiraient derespect.
Lorsque la pompe & la magnificencese furent introduites dans le culte divin,les autels prirent une forme nouvelle ;ses arts perfectionnés les assujettirent auxîoix de la fymmétrie & des proportions.Le luxe des mœurs fit croire qu’ils fe-raient plus respectés si on le> rendoitplus riches. On ne se borna plus à em-ployer la pierre , le marbre, le granite& le porphyre à cet usage ; les plusriches métaux servirent à annoblir leculte public, & ce sut sur For & Far-gent qu’on immola les victimes. Maiscette magnificence n’altéra point la vé-nération qu’on conservoit pour ceux quiavoient le sceau de l’antiquité simple &grossière.
Tous les autels n’étoient point cons-truits fur le même modeîe , & c’étoitla dignité du Dieu auquel le sacrifice de-voir s’offrir qui réglois leur degré d’é-íévation. Ils n’avoíent ordinairementqu’u ne coudée de hauteur. Les plus éle-vés étoient consacrés aux Dieux du ciel :les divinités terrestres en avoient de plusLas. Il y en avoit de portatifs qu’onpromenoir dans les solemnités , avec lessimulacres des Dieux. On attribue l'in-troduction de cet usage aux Chaldéensou Babyloniens , adorateurs des astres,dont ils portoient les symboles dans leursprocessions , pour rappeller l’idée desmouvemens périodiques & réglés de cesflambeaux du monde. Les dévots ne semettoient jamais en voyage fans se pré-cautionner d’un petit autel ; chaque fa-mille en avoit dans son laraire où ellefacrifioit à ses dieux Pénates , à Junon &aux génies..
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Les autels n’étoient pas exclusivementconstruits dans les temples ; c’étoit dansdes antres & des cavernes qu’on facrifioitaux nymphes & aux dieux infernaux ;c’étoit dans les bocages sacrés que lasuperstition élevois ces monumens de facrédulité, parce que c’étoit dans le si-lence des plus épaisses forêts , qu’oncroyois que les dieux se manifestoientaux hommes & aimoient à répandre leursbienfaits fur eux. On en dressoir encorepar préférence fur les montagnes & furles lieux élevés , comme plus voisins duséjour de l’immortalité. Dieu , par labouche de ses prophètes , lance ses ana-thèmes contre les Israélites qui prati-quoient cette coutume idolâtre. C’étoit--là que s’assembloient les Druides poury célébrer leurs sacrifices sanglans. Cefut pour n’avoir aucune conformité avecles païens , que Moïse défendit de plan-ter des arbres autour des autels du vraiDieu ; il ne se borne pas à proscrire cesautels , il ordonne encore de détruire parle feu les bois qui les environnent.
Chaque autel étoient environné del’espece d’arbre qui étoit consacré audieu à qui l’on offroit des sacrifices. Lamultitude s’y rassembloit les jouis defêtes, & après la célébration des mys-tères , on formol t des danses , on se li-vrait à la bonne-chere & à tout ce quipouvoit exciter l’allégresse. Le païencharnel ne pouvoit comprendre com-ment les mortifications , l’abstinence &Fabnégation de soi-même pouvoient êtreune offrande agréable à la divinité. Dansles événemens heureux , ils lui témoi-gnoient leur reconnoissance par des jeux,des festins & des danses. Ce n’étoit quedans les calamités publiques , qu’ils tâ-chaient de détourner les fléaux célestespar des sacrifices expiatoires où ils ma-nifestoient tous les signes de F affliction.On ornoit ces autels de fleurs & de guir-landes ; & la foule empressée y portoitses dons & ses offrandes. C’ciït été unsacrilege que de couper les arbres quiformoient leur enceinte , & dont les bran-ches , qui prêtoient leur ombrage , fai-soient l’ornement. Les Rois faiíoientéclater leur magnificence par le grand