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LETTRE DIXIEME.
Venise le 8. Janvier
J c vous ai promis dans ma derniere lettrede vous parler de la doctrine des Vénitiens;je ferai plus, je vous parlerai de celle detous les Italiens en général. J’ai tâché defaire la connoissance de tous ceux qui passentpour les plus savants en Italie; & j’ai beau-coup lu leurs livres anciens & modernes. IIy a bien des personnes en Italie qui culti-vent les sciences, & qui ne se soucient pasde publier des livres. Je lais qu’on peut di-re cela de tous les païs; mais en Italie il yen a beaucoup plus que par-tout ailleurs. EnAngleterre, en France, en Hollande, en Al-lemagne, un homme qui croit avoir un cer-tain nombre de bonnes choses dans fa tête,est toujours tenté de les publier; les librairesle payent ; le gouvernement ne le gêne point,ou bien l’on trouve le moyen de tromper fa
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