Voyages
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vigilance; le public ne le persécute pas; s’ildit des sottises, on en rit ; s’il écrit bien, onl’applaudit; enfin il n’a rien à craindre, &beaucoup à espérer : du moins il gagne unpeu d’argent. C’cst tout le contraire en Ita-lie : les libraires ne donnent rien pour quel-qu’ouvrage que ce soit: ils aiment mieux at-tendre qu’un livre ait paru pour voir com-ment il est reçu : s’il a du débit, ils cn font uneitutre édition ; & s’il n’en a pas, ils s’applaudis-sent de n’avoir pas fait cette dépense. Cela estpeu de chose ; car il y a bien des gens delettres qui ne se soucient pas de l’argent ;mais il faut craindre le Pape, l’inquisition, légouvernement, les moines, & les chiens lâ-chés par les moines, qui font la populace, lesbigots & les hypocrites. II ne suffit pas qu’unouvrage traite de matières dont le Pape &l’inquifition ne se mêlent pas : il faut auíïïque le gouvernement n’y trouve rien à rédi-ge. Je connois un homme de lettres à Na-ples qui a publié avec ^approbation des cen-seurs ordinaires l’histoire de Robert Roi deNaples: ce livre étant tombé entre les mainsdu ministre, avant que le libraire en eut ven-du une douzaine d’exemplaires, il ordonna àl’auteur dè retirer de ^'imprimerie tous les