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EN DIFFÊRENS PAYS. 89
l’argent, toutes les horreurs que la paillar-dise la plus effrénée peut imaginer, font deschoses entièrement indifférentes pour les moi-nes napolitains & siciliens. Les moines men-diants même qui dans les autres pays n’exer-cent leurs talents qu’en secret, & qui trom-pent par-tout ailleurs le monde par des ap-parences imposantes, commettent ici ouver-tement tous les crimes, fans se mettre enpeine de sauver les dehors : ils vont dans lescaffés jouer au pharaon & à la bassette auxyeux de tout le monde , & ils entrent enplein jour dans les lieux de débauches les plusdécriés & les plus connus. Quand on voya-ge dans ces pais, on rencontre par-tout furles grands chemins & dans les auberges, descapucins, des observantins, des recollets &autres qui vous demandent effrontément del’argent à la barbe de St. François, qui leura défendu fous peine de péché-mortel d’enavoir & même d’en toucher. Quand je lo-geois encore à l’auberge, il venoit au com-mencement tous les jours chez moi un capu-cin avec un plat couvert de fruits , qui mefaifoit ce compliment: le gardien & les au-tres psres de notre couvent prient votre excel-lence d'a gréer leurs respecls & vous envoyent