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La sainte Bible, qui contient le Vieux et le Nouveau Testament / revue & corrigée sur le texte hébreu & grec, par les pasteurs & les professeurs de l'Eglise de Genève ; avec les argumens [i.e. arguments] et les réflexions sur les chapitres de l'Ecriture-Sainte, et des notes, par J.F. Ostervald, pasteur de l'Eglise de Neuchâtel
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E C C L E S I A S T E.

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Chap. I. fait sons le soleil, & jai vu que tout est vanité& tourment deíprit.

if. Ce qui est tortu ne peut se redresser,& les défauts ne se peuvent compter.i<5. Jai parlé en mon cœur, & je me suis

* 1 . Rom. dit à moi-même : * je fuis devenu puissant,

L & je surpasse en sagesse tous ceux qui ont

régné avant moi à Jérusalem,* mon esprit aacquis beaucoup de sagesse & de science. 1)

* Eccl 2. 17. * Je me suis appliqué à connoître la fa-

i2. & 7. gesse, à démêler les erreurs & la folie 5 mais25 - jai connu que cela étoit aussi un tourment

desprit.

18. Car il y a beaucoup de science, il ya beaucoup de chagrin, & celui qui acquiertdes connoissances augmente ses peines.

RÉFLEXIONS.

Le livre de FEcclésiaste, & ce chapitre en particulier,tend à nous instruire de la vanité & de linconttancedu monde, de lincertitude de notre propre vie; ànous apprendre que tout y est dans un changementcontinuel, & que les peines que les hommes se don-nent pour les choies dici-bas, ne sauroient les rendreheureux. Nous ne devons pas moins être convaincusde ces vérités, que Salomon Fétoitj & le néant dumonde doit mèrne paroître encore plus sensible à ceuxqui sont éclairés par lEvangile. II. est donc de la sa-geiíè, i lest de notre devoir, de nous souvenir sans cesseque tout est vanité, & de nous guérir par- de Famourdu monde, & de Pattachement à nos passions. Lorsqueles biens & les plaisirs du íìecle nous attirent & nouscaptivent, songeons que le monde pajse avec sa convoi-tise i qtiil n y a que celui qui fait la volonté de Dieu , quidemeure éternellement. II faut, après cela, que cetteméditation nous engage à bénir Dieu de ce que nousavons, dans fa connoissance & dans fa crainte, un re-mede à cette vanité, à laquelle toutes choses font assu-jetties. Puisque la peine que les hommes prennent pourposséder les avantages de cette vie, & pour acquérir lasagesse de ce monde, nest que chagrin & que folie,la prudence veut que nous nous appliquions à untravail plus utile & plus nécessaire, en tâchant dac-quérir la vraie sagesse, qui íe trouve dans la crainte deDieu : elle feule peut nous faire jouir duu solide con-tentement & dun parfait bonheur pendant le cours decette vie, & meme après notre mort.

CHAPITRE I I.

I. I. II. Salomon fait voir par son expérience la vanité de ce queles hommes ejliment le plus dans ce monde. II dit qua-près avoir cherché à fesatisfaire, par les plaisirs , parles richesses & par la magnificence , il a reconnu queII. 12. 2 6. tout ce7a k e ft q vanité. Il ajoute , qu il porte le même

jugement de la conduite des hommes & de la peinequ ils se donnent , soit poitr acquérir la prudence & lasagesse mondaine , soit pour amasser des biens.

1. Jai dit dans mon cœur : allons, queje téprouve maintenant par la joie, & jouisdu bien ; jai vu que cela est aussi une vanité.

2. Jai dit touchant le ris, il est insensé,*& touchant la joie, à quoi sert-elle?

z. Jai cherché dans mon esprit les moyensde me traiter délicatement 2), & dapliquercependant mon cœur à la sagesse, & déviterla folie, jusquà ce que je susse ce quil estavantageux aux hommes de faire fous lescieux, pendant le tems de leur vie.

4. Jai exécuté de grandes choses, je me

1) Vers. 16. Ce que Salomon dit ici ne regarde pas la vérita-ble sagesse, laquelle il recommande dans ce livre même : maisil parle de la sagesse & des sciences du monde.

2) Vers. 3. 11, y a dans lhébreu: à attirer ma chair mon cçrps , dans le vin.

fuis bâti des maisons ; je me fuis planté des Chap. ILvignes.

f. Je me fuis fait des jardins & des ver-gers , & jy ai planté toutes fortes darbresfruitiers.

6. Jai construit des réservoirs deaux,pour arroser un parc planté darbres.

7. Jai acquis des serviteurs, des servan-tes , des domestiques nés dans ma maison, &jai eu plus de gros & de menu bétail quetous ceux qui ont été avant moi à Jérusalem.

8. * Jai fait aussi de grands amas dargent * 1. Roìt& dor, & des plus précieux joyaux des rois 9 * 2 8- && des provinces. Jai eu des musiciens & des a °| 10, ^musiciennes, & tout ce qui fait les délices deshommes, une harmonie dinstrumens de mu-sique , même plusieurs harmonies de toute

forte dinstrumens.

9. Je me fuis agrandi, & me fuis accruplus que tous ceux qui ont été avant moi àJérusalem, & avec cela ma sagesse est demeu-rée avec moi.

10. Enfin, jenai rien refusé à mes yeuxde tout ce quils ont demandé. Je nai épar-gné aucune joie à mon cœur ; il sest réjouide tout mon travail, mais cest tout ce quejen ai eu.

11. Enfin, ayant considéré tous les ouvra-ges que mes mains avoient faits, & tout letravail auquel je métois occupé, jai recon-nu que tout est vanité & tourment desprit ;de sorte que lhomme ne tire aucun avantagede ce qui ejt sous le soleil.

12. * Ën suite je me suis mis à considérer * Eccl. 1.la sagesse, les sottises & la folie ( car qui est 17 & 7 *lhomme qui pourroit suivre un roi en ce qui

a été fait?)

13. Et jai reconnu que la sagesse a beau-coup davantage sur la folie , comme la lu-mière en a sur les ténèbres.

14. Te sage a des yeux à la tête, & linsensémarche dans les ténèbres ; mais jai bien con- * psnuquun même accident leur arrive à tous. * 11.12.13.

if. Cest pourquoi jai dit en moi-même : ^il marivera comme à linsensé. Que ma-t-il u 3 'servi dêtre plus íâge? Cest pourquoi jai diten mon cœur que cela est aussi une vanité.

16. La mémoire du sage ne sera point éter-nelle, non plus que celle de linsensé, parcsque dans le tems à venir tout fera déjà ou-blié, à pourquoi le sage meurt-il de mêmeque linsensé ?

17. Cest pourquoi la vie ma été ennuyeu-se, tout ce qui est sous le soleil ma déplu ,parce que tout est vanité & tourment des-prit.

18. Jai aussi haï tout le travail que javoisfait fous le soleil, parce que je le laisserai àlhomme qui sera après moi.

19. Et qui lait sil fera maître de tout letravail auquel je me fuis occupé, & de ce quejai fait avec sagesse sous le soleil ? Cela estaussi une vanité.

20. Cest pourquoi jai pris la résolution deneípérer plus rien de tout le travail auquelje métois occupé sous le soleil.

Li. Car il y a tel homme qui a travaillé