VITRUVE. LIV. VIL
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à un citoyen romain, à Cossutius, architecte d’un grandtalent et d’un rare savoir. Ce n’est point là un ouvrageordinaire, et dans le petit nombre de temples qu’on cite,il se distingue par sa magnificence.
Il n’y a, en effet, que quatre temples bâtis en marbredont l’admirable disposition a rendu les noms tout par-ticulièrement célèbres. Leurs plans ont été tracés avecune telle supériorité de science et de talent, qu’on lesa admirés même dans le conseil des dieux. Le premierest le temple de Diane, à Ephèse, d’ordre ionique, com-mencé par Cbersipbron de Gnose, et par sotçfils Méta-gène; ce furent, dit-on, Demetrius, serf de Diane elle-même, et Péonius d’Ephèse qui l’achevèrent plus tard. Lesecond est celui que le même Péonius et Daphnis le Mi-lésien bâtirent à Apollon dans la ville de Milet 5 il étaitd’ordre ionique. Le troisième est le temple de Gérés etde Proserpine. Il fut bâti à Eleusis par Ictinus dans lesproportions de l’ordre dorique, avec une cella d’unegrandeur extraordinaire, sans colonnes extérieures, afinqu’il y eût plus d’espace pour l’accomplissement des sa-crifices.
Par la suite, du temps que Demetrius commandait àAthènes, Philon, ayant orné de colonnes la façade dece temple, le fit prostyle. Par là le vestibule fut agrandi,ce qui donna plus d’espace à ceux qui ne participaient pasencore à la célébration des mystères, et. rendit cet édificebeaucoup plus majestueux. Le quatrième, enfin , est celuide Jupiter Olympien que Cossutius, comme nous l’avons ditci-dessus, se chargea de bâtir à Athènes, dans les propor-tions de l’ordre corinthien, et sur une très-grande échelle.Cependant on n’a trouvé de lui aucun commentaire. EtCossutius n’est point le seul dont nous ayons à regretterles écrits sur cette matière, ily a encore C. Mutius qui, pleind’assurance dans ses vastes lumières, acheva le temple del’Honneur et de la Vertu que fit bâtir Marius. Il donna