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48 VITRUVE,

et celle qui en a quatre, Tétradoron. Les ouvrages publics se font avec le Pen-tadoron, et ceux des particuliers avec le Tétradoron.

En faisant toutes sortes de briques on fait aussi des demi-briques : par cemoyen, lorsque l’on bâtit une muraille, on met alternativement d’un côté unrang de briques (i) et de l’autre un rang de demi-briques, de manière qu’étantmises en ligne à chaque parement, celles d’une assise ( 2 ) s’entrelacent aveccelles d’une autre, et, de plus (3), le milieu de chaque brique se rencontre surun joint vertical ; cela rend la construction plus solide et plus agréable à la vue (4).Les briques que l’on fait à Calente, en Espagne, et à Marseille, dans la Gaule,de même qu’à Pitane, ville d’Asie, surnagent sur l’eau quand elles sont sèches,parce que la terre dont on les fait est de la nature de la pierre ponce, et qu’elleréunit à une grande légèreté une dureté extérieure que l’eau ne peut pénétrer ;telle est la raison naturelle qui fait que l’eau les porte sans les submerger.

Ces espèces de briques sont de la plus grande utilité dans la construction, carelles ne chargent point les murailles et elles ne sont point sujettes à se détrem-per par la violence des orages (5).

les grandes, qui avaient vingt doigts en carré, ce quirevenait à peu près à treize pouces et demi ; et les pe-tites, qui étaient de douze doigts, qui revenaient environà huit pouces.

•C 1 ) Ce que veut dire Vitruve est si clair, qu’on ne sau-rait douter qu’il n’y ait faute au texte et qu’il ne faillelire una parle laterum ordines, altéra semilaterum po-nuniur, au lieu de una parte lateribus ordines, altéra se-milateres ponunlur, parce que cela n’a aucun sens.

( 2 ) J’interprète des assises, coria, qui signifie descouches quand il s’agit d’enduits de stuc. Les assises,lits ou rangées de briques ou de pierres ou les couchesde mortier sont appelées coria , à cause qu’elles fontdans la muraille des rangs qui sont les uns sur les au-tres comme si c’étaient des cuirs. Saumaise écrit choriaou choros , pour signifier que les briques ou les pierresqui sont ainsi toutes d’un rang, semblent se tenir parla main et danser un branle.

(3) J’ajoute de plus, pour faire entendre que Vitruveveut qu’il y ait deux sortes de liaisons dans les murs debriques, dont l’une est d’assise à assise, telle qu’est laliaison de l’assise C avec l’assise À et l’assise F ; l’autreliaison est de brique à brique, telle qu’est celle de labrique lî avec les briques A et F : la première sorte nese voit point, parce que c’est en dedans du mur quelle

se fait ; l’autre, qui est en dehors, est visible {voir fig. i re ,pl. VII ); c’est pourquoi Vitruvedit'qu’elle rend la struc-ture plus belle.

(4) Cela montre que les anciens ne couvraient pastoujours leurs murs de briques crues avec un enduit oupar des incrustations de marbre, puisqu’on avait égardà la figure que les joints faisaient, comme étant unechose belle à voir.

(5) Il est assez étrange que Vitruve ne parle point dutout de la cuisson des briques, qui était une chose detout tems en usage, comme il paraît par la périphrasedont Ovide se sert pour faire entendre que les murs deBabylone étaient de briques, en disant qu’ils étaientcuits, et ainsi qu’il est aisé de juger par ce qui est ditdans la Genèse des briques dont la tour de Babel futbâtie, et il y a lieu de croire qu’on s’avisa depuis de lesemployer toutes crues telles qu’il y a apparence qu’é-taient celles dont il est parlé dans l’Exode, qu’on fai-sait avec de la paille, ainsi que sont celles dont il estici parlé, et que l’on cessa de les cuire à cause des bon-nes qualités que Vitruve leur attribue, savoir: d’ètremoins pesantes que celles qui sont cuites et de résisterassez à l’humidité par le resserrement de leurs pores,qu’un long dessèchement a produit.