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LIVRE III.

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ajoute (i) au milieu des colonnes (2), qui est appelé par les Grecs Entasis, jen

( 1 ) Cet accroissement, qui est appelé Entasis en grecet Renflement en français, est fait pour imiter, à cequon dit, la figure du corps dun homme qui est pluslarge au droit du ventre que vers la tête et vers les pieds.

La plupart des auteurs désapprouvent ce renflementà légard du rétrécissement par en bas, et ils opposentà la comparaison du corps de lhomme celle du troncdes arbres, qui ont été le premier et le plus naturelmodèle de la tige des colonnes, comme Vitruve en-seigne au chap. I du liv. 5. Et ce qui est plus considé-rable que ces comparaisons, la raison veut que les co-lonnes qui sont faites pour soutenir aient une figurequi les rende plus fermes, telle quest celle qui,''dunempâtement plus large, va toujours en se rétrécissant.Philander, Palladio, Serlio , Delorme, Scamozzi, Wol-ton et la plupart des architectes nont point enseigné nipratiqué ce renflement ; il ny a pour ainsi dire quAlbertiqui la fait avec un tel excès, que cela est une des raisonssur lesquelles Scamozzi sest fondé, quand il a dit quecet auteur est un des premiers qui a gâté larchitecturedes anciens, quoiquon ne puisse douter quils naientpratiqué ce renflement, ainsi que Vitruve témoigne encet endroit, et encore à la fin du chapitre suivant,il enseigne que la mesure de lentre-deux des canne-lures doit être prise sur celle du renflement de la co-lonne.

Or les règles que Vitruve promet de donner pourfaire ce renflement, et qui sont perdues, ont été diver-sement suppléées par les architectes. La plus ordinaireest de diviser en trois la tige de la colonne, qui dansla planche XVII , fig. 2 , est marquée A I, et ayantpartagé les deux tiers den haut A G en autant departies égales que lon veut , partager aussi en autantde parties le rétrécissement II F ; mais ces partiesdoivent être inégales, et leur mesure se prend en cettemanière. On trace un cercle dont le centre est G, et lamesure de son diamètre est prise sur celui de la co-lonne à lendroit elle est plus enflée, savoir : de Fà G. On divise la portion de ce cercle qui est. depuis Fjusquà lendroit il est coupé par la ligne du rétré-cissement E H en autant de parties égales quil y en adans les deux tiers den haut, et ayant tiré des lignesparallèles suivant ces divisions, on marque à leurs in-tersections des points par lesquels on conduit une règlemince faite dun bois égal et sans noeuds, qui, se cour-Tome 1.

bant uniformément, donne le trait du profil de la co-lonne ; le même se fait pour le rétrécissement du tiersden bas.

Vignole a inventé une autre manière de diminuer lacolonne qui est fort ingénieuse , mais qui ne va quàmarquer les points de la diminution en Quelques en-droits seulement, suivant lesquels il courbe une règleflexible pour former le contour de la ligne de diminu-tion. Mais M. Blondel , un des professeurs royaux enmathématiques, est le premier qui a enseigné le moyende tracer cette ligne dun trait, et ce moyen est , à monavis , si parfait que lon peut dire quil répare assezheureusement la perte que nous avons faite de la figureque Vitruve avait promise , pour ne la point tant re-gretter comme fait Villalpande, qui juge celte pertetout-à-fait irréparable ; car il est vrai que les autresfigures qui nous manquent auraient été dune utilitésans comparaison plus importante pour lintelligencedu texte.

Or cette nouvelle manière est de se servir de lins-trument que Nicomède a inventé pour tracer cette lignequon appelle la Première Conchoide , dont la propriétéest quelle peut être prolongée à linfini, sans quellerencontre_jamais sa pareille, quoiquelles soient cour-bes et inclinées lune vers lautre. Cet instrument estcomposé de deux règles, dont lune M N ( pl. XVII,fig. 3 ) est jointe à lautre O P à léquerre. La règleO P a un pôle Q. Cest ainsi que Nicomède appelle cettepartie qui peut couler le long de la règle, et qui peutêtre arrêtée avec une vis R ; et de plus ce pôle a unpivot qui peut tourner , et qui est percé pour laisserpasser une tringle T \, qui passe et coule aussi au tra-vers dune autre espèce de pôle qui glisse dans unerainure qui est le long de la règle M N , et dans la-quelle il est engagé par un tenon fait à queue da-ronde. Cette tringle peut être arrêtée aussi par une vis,et elle a à son extrémité T une pointe recourbée pourtracer la ligne quelle décrira lorsque lon fera coulerle pôle S dans la rainure.

La manière de se servir de cet instrument pour tra-cer la ligne du renflement de la colonne est de poser larègle M N sur le long de la colonne , en sorte que larainure qui est le long de la règle réponde à la ligneX B, et que la petite règle O P réponde aussi à laligne F II G C , qui sépare le tiers den bas des deux

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