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blerait à un canal (i). On trouvera à la fin de ce livre une figure qui fera voir
(i) U est assez évident que dans le Piédestal (F/g. i,PI. XVIll) la saillie de la corniche L L, et celle de labase M M qui enferment son tronc B B enfoncé au mi-lieu de ces deux parties , fait la forme d’un canal lors-que le stylobale est fort long , ce qui n’arrive pas auxPiédestaux recoupés, quoique les mêmes saillies du troncet la même enfoncurc de hase et de corniche s’y trouvent,parce que l’interruption empêche que'cette cavité puisseressembler à un canal.
Cette explication de Scamilliimparcs est estimée unedes choses des plus difficiles et des plus obscures quisoit dans Vilruve. Plusieurs hommes très-instruits y onttravaillé. J’ai suivi principalement l’explication quePhilander en donne au chap. g du liv. V; car il avouedans le commentaire qu’il a fait sur cet endroit-ci, oùil est parlé de Scami/li impures , qu’il n’entend pas bienoc que c’est. Bernardinus Baldus, qui en a fait un livreexprès, intitulé S camilli impures, et Baptista Bertanusont cherché d’autres explications, mais elles ne me sem-blent pas si justes que celles de Philander.
Bertanus se fondant sur ce que Vitruve dit qu’il fautégaler les Piédestaux, veut que ce soit aux faces de l’ar-chitrave qu’ils soient égalés, c’est-à-dire qu’il y ait surle tronc des Piédestaux , des faces qui aient des sailliesles unes sur les autres, et qui soient inégales, comme ily en a d’inégales aux faces de l’architrave. Mais cetteexplication n’est point recevable , car l’égalité du stylo-bate dont parle Vitruve peut être entendue, comme ila été dit, de celle qu’il a , quand il est tout du longavec une même saillie, laquelle égalité est opposée àl’inégalité qui est en toute la face , quand tantôt il s’a-vance , tantôt il se recule pour faire ce qui est appeléScamilliimpures , et les saillies que Bertanus veut don-ner à ces faces qu’il met sur le tronc des Piédestaux, nesauraient répondre et être égalées à celles de l’archi-trave , parce que le tronc du Piédestal sur lequel il élèveces faces est beaucoup plus avancé queles faces de l’archi-trave, savoir, de toute la saillie de la base de la colonneet de la diminution qu’elle a par eu haut. De plus il y ala moitié de tous les architraves , savoir les Toscans et lesDoriques, qui n’ont point de faces à différentes saillies,et il n’y a point de raison pourquoi Vitruve veuillequ’on évite l’apparence de canal dans les stylobates Io-niques et Corinthiens, plutôt que dans les autres. L’o-pinion de Baldus est que Vilruve entend par Scamillos
impures les socles A A ( PL XVIll, Fig. i), qui sont missur le Piédestal continu B, B, pour hausser les bases descolonnes, ou ceux que l’on ajoute sur les hautes corni-ches pour élever ce qu’elles soutiennent, parce que,dit-il, sans cela la saillie de la corniche D (Fig. 2), parexemple, empêchant de voir une partie de ce qui estdessus, savoir la partie E P, elle fait paraître cette par-tie comme plongée dans un canal. Mais quand cela se-rait ainsi à l’égard de ce qui est sur des corniches fortélevées , cela n’est point vrai à l’égard des bases des co-lonnes posées sur des Piédestaux qui ne sont point plushaut que la vue , et comme lorsque l’œil est ulacé au-dessus, cette saillie D cache une partie du Piédestal , iln’y a que la partie F qui puisse paraître comme p'on-gée dans un canal. Enfin le socle A qu’il veut ajouterne remédierait point à cette apparence de canal qui estau Piédestal; car on ne saurait dire que la saillie Dpuisse empêcher que l’œil G ne voie toute la base P P.
Mais Baldus trouve deux choses à redire à l’opinionde Philander. La première est que ce qui, selon Philan-der, fait paraître les murs ou troncs des stylobates creu-sés comme un canal , devrait aussi faire paraître tousles autres murs creusés, lorsqu’aux côtés d’un long es-pace enfoncé également il y a deux éminences qui lebordent ; et c’est ce qui est très-vrai , comme il vientd’être expliqué, mais je ne vois pas l’absurdité qui s’en-suit de là.
L’autre chose qu’il reprend est que l’addition quePhilander entend n’est point tant faite aux Piédestauxqu’à un mur continu qui soutient toutes les colonnes ;mais c’est le socle qu’il veut ajouter, qu’on peut direavec raison n’appartenir point aux Piédestaux, mais à labase de la colonne , dont ce socle est comme une autreplinthe. De plus, il ne prend pas garde que ce mur con-tinu est proprement le Piédestal, et que quand Vilruveparle de l’addition qui se fait aux Piédestaux, il entendles Piédestaux généraux et continus qui font les facesdes Temples , et non pas les Piédestaux particuliers etinterrompus , que les additions donnent à chaque co-lonne. Et il y aurait plus de raison de dire qu’à pro-prement parler, suivant l’opinion de Philander, Vitruvedevait avoir dit que ces escabeaux sont faits par la di-minution des Piédestaux au droit des entrecolonnementsplutôt que par l’addition au droit des colonnes. Maisparce que la saillie d’une partie suppose nécessairement