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120 YITRUYE,

blerait à un canal (i). On trouvera à la fin de ce livre une figure qui fera voir

(i) U est assez évident que dans le Piédestal (F/g. i,PI. XVIll) la saillie de la corniche L L, et celle de labase M M qui enferment son tronc B B enfoncé au mi-lieu de ces deux parties , fait la forme dun canal lors-que le stylobale est fort long , ce qui narrive pas auxPiédestaux recoupés, quoique les mêmes saillies du troncet la même enfoncurc de hase et de corniche sy trouvent,parce que linterruption empêche que'cette cavité puisseressembler à un canal.

Cette explication de Scamilliimparcs est estimée unedes choses des plus difficiles et des plus obscures quisoit dans Vilruve. Plusieurs hommes très-instruits y onttravaillé. Jai suivi principalement lexplication quePhilander en donne au chap. g du liv. V; car il avouedans le commentaire quil a fait sur cet endroit-ci,il est parlé de Scami/li impures , quil nentend pas bienoc que cest. Bernardinus Baldus, qui en a fait un livreexprès, intitulé S camilli impures, et Baptista Bertanusont cherché dautres explications, mais elles ne me sem-blent pas si justes que celles de Philander.

Bertanus se fondant sur ce que Vitruve dit quil fautégaler les Piédestaux, veut que ce soit aux faces de lar-chitrave quils soient égalés, cest-à-dire quil y ait surle tronc des Piédestaux , des faces qui aient des sailliesles unes sur les autres, et qui soient inégales, comme ily en a dinégales aux faces de larchitrave. Mais cetteexplication nest point recevable , car légalité du stylo-bate dont parle Vitruve peut être entendue, comme ila été dit, de celle quil a , quand il est tout du longavec une même saillie, laquelle égalité est opposée àlinégalité qui est en toute la face , quand tantôt il sa-vance , tantôt il se recule pour faire ce qui est appeléScamilliimpures , et les saillies que Bertanus veut don-ner à ces faces quil met sur le tronc des Piédestaux, nesauraient répondre et être égalées à celles de larchi-trave , parce que le tronc du Piédestal sur lequel il élèveces faces est beaucoup plus avancé queles faces de larchi-trave, savoir, de toute la saillie de la base de la colonneet de la diminution quelle a par eu haut. De plus il y ala moitié de tous les architraves , savoir les Toscans et lesDoriques, qui nont point de faces à différentes saillies,et il ny a point de raison pourquoi Vitruve veuillequon évite lapparence de canal dans les stylobates Io-niques et Corinthiens, plutôt que dans les autres. Lo-pinion de Baldus est que Vilruve entend par Scamillos

impures les socles A A ( PL XVIll, Fig. i), qui sont missur le Piédestal continu B, B, pour hausser les bases descolonnes, ou ceux que lon ajoute sur les hautes corni-ches pour élever ce quelles soutiennent, parce que,dit-il, sans cela la saillie de la corniche D (Fig. 2), parexemple, empêchant de voir une partie de ce qui estdessus, savoir la partie E P, elle fait paraître cette par-tie comme plongée dans un canal. Mais quand cela se-rait ainsi à légard de ce qui est sur des corniches fortélevées , cela nest point vrai à légard des bases des co-lonnes posées sur des Piédestaux qui ne sont point plushaut que la vue , et comme lorsque lœil est ulacé au-dessus, cette saillie D cache une partie du Piédestal , ilny a que la partie F qui puisse paraître comme p'on-gée dans un canal. Enfin le socle A quil veut ajouterne remédierait point à cette apparence de canal qui estau Piédestal; car on ne saurait dire que la saillie Dpuisse empêcher que lœil G ne voie toute la base P P.

Mais Baldus trouve deux choses à redire à lopinionde Philander. La première est que ce qui, selon Philan-der, fait paraître les murs ou troncs des stylobates creu-sés comme un canal , devrait aussi faire paraître tousles autres murs creusés, lorsquaux côtés dun long es-pace enfoncé également il y a deux éminences qui lebordent ; et cest ce qui est très-vrai , comme il vientdêtre expliqué, mais je ne vois pas labsurdité qui sen-suit de.

Lautre chose quil reprend est que laddition quePhilander entend nest point tant faite aux Piédestauxquà un mur continu qui soutient toutes les colonnes ;mais cest le socle quil veut ajouter, quon peut direavec raison nappartenir point aux Piédestaux, mais à labase de la colonne , dont ce socle est comme une autreplinthe. De plus, il ne prend pas garde que ce mur con-tinu est proprement le Piédestal, et que quand Vilruveparle de laddition qui se fait aux Piédestaux, il entendles Piédestaux généraux et continus qui font les facesdes Temples , et non pas les Piédestaux particuliers etinterrompus , que les additions donnent à chaque co-lonne. Et il y aurait plus de raison de dire quà pro-prement parler, suivant lopinion de Philander, Vitruvedevait avoir dit que ces escabeaux sont faits par la di-minution des Piédestaux au droit des entrecolonnementsplutôt que par laddition au droit des colonnes. Maisparce que la saillie dune partie suppose nécessairement