LIVRE VI.
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ferme deux baignoires (6) qui sont placées vis-à-vis l’une de l’autre, et s’élargissent de tellemanière en sortant hors des murs , qu’on peut, si l’on veut, y nager à l’entrée. Il y a prochedu même salon une étuve pour se parfumer d’essence, et une chambre un peu moins chaude (7)que cette étuve -, l’une et l’autre sont accompagnées de deux salles plus agréables par leur belledisposition que par leur somptuosité ; et dans l’une d’elles il y a une piscine (8) d’eau chaudesi avantageusement située , que ceux qui s’y baignent voient la mer 5 et non loin de là est unjeu de paume exposé à la plus grande chaleur du soleil vers la fin du jour.
À la suite s’élève un pavillon qui contient deux appartements (9) dans l’étage du rez-de-chaussée , deux appartements semblables dans l’étage du haut, et au-dessus de cet étage uneterrasse où l’on va manger, et d’où l’on-découvre une grande étendue de mer et de rivage,et plusieurs belles maisons de campagne.
Un autre pavillon , joint au précédent, a dans le bas une chambre exposée au lever et aucoucher du soleil. Au-dessus de cette chambre il y a un garde-meuble (10), et plus haut ungrenier qui couvre aussi le dessus d’une grande salle de festin située dans le bas du même pa-villon à coté de la chambre 5 cette salle n’a d’autre incommodité que le bruit de la mer lors-qu’elle est émue ; mais ce bruit même est fort affaibli par l’éloignement. La même salle a vue surle jardin et sur de grandes allées (11) dont il est environné.
Les allées sont bordées de buis, ou de romarin dans les endroits où le buis ne peut pas seconserver 5 car le buis devient et se conserve fort vert à l’ombre des édifices, maisil se sèchequand il est trop exposé au ciel et au vent, quoique la mer ne puisse que de fort loin y en-voyer la bruine qui s’élève de ses vagues.
Proche ces mêmes allées, au dedans du jardin, il y a de la vigne (12) pour donner de l’om-brage , et il y fait si bon marcher, qu’on pourrait y aller nu-pieds. Quantité de mûriers etde figuiers remplissent ce même jardin, dont la terre est très-propre pour ces arbres et fortmauvaise pour tous les autres.
Une salle à manger jouit de cette vue qui, n’est pas moins agréable que ne le serait celle dela mer, dont elle est éloignée. Cette salle particulière est entourée par deux appartements dont
(6) Baptisteria.
(7) Propnigeon en grec désignait, dans les anciensbains, un lieu qui, se joignant à la petite chambre del’étuve, participait beaucoup de sa chaleur.
(8) Pîscina. Les anciens avaient dans leurs bainsdeux sortes de baignoires : les unes, appelées Baptis-teria , étaient élevées hors de terre et pouvaient êtretransportées d’un lieu à un autre, et les autres, ap-pelées Piscina , étaient creusées en terre, revêtues depierre ou de marbre, et de telle grandeur que l’onvoulait.
(9) Hic turris erigitur sub quâ diætæ duce... Les
Tome II.
Latins n’ont que le mot Turris pour signifier ce quenous distinguons en français par les mots Tours ouPavillons, selon qu’il s’agit de fortifications ou depalais de plaisance, tels que cette maison de Pline.Biæta en grec signifie un logement composé d’une oude plusieurs pièces comme nous aurons encore occa-sion de le remarquer.
(10) Apothcca en grec signifie un lieu où l’on gardequelque chose.
(11) Gestatio signifie des allées où l’on se promèneen chaise.
(12) Cette vigne ne devait être autre chose que des
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