LITRE YII.
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La préparation du cinabre, qui se faisait autrefois à Éphèse, a été transférée àRome, parce qu’on a trouvé en Espagne des mines de ce minéral, qu’ontransporte plus aisément en cette ville, ou la fabrication s’en fait par des gensqui s’en occupent spécialement et qui ont leurs ateliers entre le temple de Flore
et celui de Quirinus.
On sophistique le cinabre avec de la chaux, ce que l’on reconnaît en le mettantsur une lame de fer que l’on fait chauffer jusqu’à ce qu’elle rougisse et que lecinabre paraisse noirci ; car, si, étant refroidi, il reprend sa première couleur, onest assuré qu’il est pur et naturel, tandis que, s’il reste noir, il est certain quece n’est que du cinabre artificiel. Voilà tout ce que j’ai pu recueillir relativementà la préparation du cinabre.
La Ch/ysocolle(5 ) se tire de Macédoine; on l’extrait des lieux qui sont prochesdes mines cle cuivre. Le Minium et YIndicum font connaître par leurs noms lespays d’oii ils viennent (6).
couleurs et une onctuosité qui fait que la poussières’y attache.
(5) La Chrysocolle est vulgairement appelée larrasou borax. C’est un minéral qui se trouve dans lesmines d’or , d’argent, de cuivre ou de plomb ; il estordinairement blanchâtre, jaune-vert, ou noirâtre ;il est appelé chrysocolle de %pvcroç, or, et de y.olla,colle , parce qu’il sert à souder l’or et même l’argentet le cuivre. On en fait d’artificiel avec de l’alun etdu salpêtre (Perrault).
(D, s nouveaux Editeurs.) Pline dit (liv. XXXIII,cliap. 2G) : « Que la chrysocolle est une humeur li-» moneuse qui s’écoule naturellement des veines des-» mines d’or; et voici le moyen qu’il dit que l’on« emploie pour en faire d’artificielle qui imite la vé-■»> ritable : on introduit de l’eau dans les veines des» mines pendant tout l'hiver et jusqu’au mois de» juin ; alors on détourne l’eau , et on laisse sécher,•» pendant les mois de juin et juillet, celle qui esti> restée dedans ; ensuite on en extrait la chrysocolle;v de sorte qu’à proprement parler cette couleur n’est« autre chose qu’une mine pourrie. » Plus loin il
ajoute : « Cette pierre dans son état naturel n’a au-» cune couleur, mais elle prend aisément celle qu’on» lui donne au moyen de l’alun et de la plante» nommée pastel ; ainsi préparée, elle rend une cou-» leur semblable au vert. »
Quant au borax connu aujourd’hui dans le com-merce, nous n’avons encore que des notions fort in-certaines sur son origine, ainsi que sur la manière del’extraire et de le purifier. Quelques-uns le regardentcomme un produit d’industrie de la Chine ; d’autresveulent que ce soit une production naturelle venantdu Tlnbet , du lac Meïlal , de quelques cavernes de laPerse, de l’ile Ceylan et de la Tartarie. On appelleplus particulièrement Tincal la soude boratée quivient de Perse ; elle est verdâtre et couverte d’un en-duit gras.
(6) Le Minium était ainsi appelé du nom du fleuveRJ in lus en Espagne, d’où il était tiré; c’estcette cou-leur que nous nommons cinabre.
Quant au lieu que les anciens appelaient Indicum,il prenait son nom de l'Inde, d’où on le tirait.
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