Band 
[Textband.]
Seite
124
JPEG-Download
 

124

VITRUYE ,

CHAPITRE PREMIER.

DES MOYENS DE TROUVER DE leAU.

Puisque les physiciens, les philosophes et les prêtres ont décidé que toutsubsiste par la vertu de leau, jai cru quaprès avoir expliqué dans mes septpremiers livres tout ce qui appartient à la structure des édifices, je devais danscelui-ci traiter des moyens de trouver les eaux, et dire ensuite quelles sont leurspropriétés suivant les différents lieux, ce quil faut faire pour les bien conduire,et comment on peut éprouver et connaître les qualités dune chose si nécessaireet si agréable.

Quand on a une fontaine toute trouvée et dont les eaux coulent avec abon-dance sur le sol, cest beaucoup de peine épargnée 5 mais il nen est pas de mêmequand lon nen a point et quil faut aller chercher les eaux sous la terre et réunirplusieurs sources. Pour reconnaître les lieux ou sont ces sources souterraines, ilfaut, un peu avant le lever du Soleil, se coucher sur le ventre, en ayant le mentonappuyé sur la terre oh lon cherche de leau, et regarder le long de la campagne ;car, le menton (1) étant ainsi affermi, la vue ne sélèvera point plus haut quilest nécessaire, et sétendra également sur lhorizon, et, si lon voit en quelqueendroit une vapeur humide sélever en ondoyant, il y faudra fouiller, car onne remarque jamais ces indices (2) dans les lieux qui sont sans eau.

(1) Cette situation sert à mieux voir les vapeursqui sortent de la terre, parce quétant regardées deboutelles iTauraient point cette épaisseur qui les rend visi-bles lorsquon les regarde étant couché contre terre,et que lon voit dans une même ligne droite toutesces vapeurs à la sortie de la terre, elles sont plusépaisses, car lorsquelles en sont plus éloignées ellessont moins visibles. Cassiodore, dans une épître deThéodoric, il rapporte une grande partie des

moyens queVitruve donne ici pour trouver des sources,ajoute que la hauteur à laquelle ces vapeurs sélèventmontre combien les eaux sont avant sous terre. Ilajoute encore un autre signe quil dit être tenu pourinfaillible par les fontainiers , qui est lorsque le matinon voit comme des nuées de petites mouches quivolent contre terre toujours à un certain endroit.

(2)Palladius,qui rapporte cette manière de décou-vrir les lieux il y a des sources, ajoute quil fau