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VITRUYE ,
CHAPITRE PREMIER.
DES MOYENS DE TROUVER DE l’eAU.
Puisque les physiciens, les philosophes et les prêtres ont décidé que toutsubsiste par la vertu de l’eau, j’ai cru qu’après avoir expliqué dans mes septpremiers livres tout ce qui appartient à la structure des édifices, je devais danscelui-ci traiter des moyens de trouver les eaux, et dire ensuite quelles sont leurspropriétés suivant les différents lieux, ce qu’il faut faire pour les bien conduire,et comment on peut éprouver et connaître les qualités d’une chose si nécessaireet si agréable.
Quand on a une fontaine toute trouvée et dont les eaux coulent avec abon-dance sur le sol, c’est beaucoup de peine épargnée 5 mais il n’en est pas de mêmequand l’on n’en a point et qu’il faut aller chercher les eaux sous la terre et réunirplusieurs sources. Pour reconnaître les lieux ou sont ces sources souterraines, ilfaut, un peu avant le lever du Soleil, se coucher sur le ventre, en ayant le mentonappuyé sur la terre oh l’on cherche de l’eau, et regarder le long de la campagne ;‘car, le menton (1) étant ainsi affermi, la vue ne s’élèvera point plus haut qu’ilest nécessaire, et s’étendra également sur l’horizon, et, si l’on voit en quelqueendroit une vapeur humide s’élever en ondoyant, il y faudra fouiller, car onne remarque jamais ces indices (2) dans les lieux qui sont sans eau.
(1) Cette situation sert à mieux voir les vapeursqui sortent de la terre, parce qu’étant regardées deboutelles iTauraient point cette épaisseur qui les rend visi-bles lorsqu’on les regarde étant couché contre terre,et que l’on voit dans une même ligne droite toutesces vapeurs à la sortie de la terre, où elles sont plusépaisses, car lorsqu’elles en sont plus éloignées ellessont moins visibles. Cassiodore, dans une épître deThéodoric, où il rapporte une grande partie des
moyens queVitruve donne ici pour trouver des sources,ajoute que la hauteur à laquelle ces vapeurs s’élèventmontre combien les eaux sont avant sous terre. Ilajoute encore un autre signe qu’il dit être tenu pourinfaillible par les fontainiers , qui est lorsque le matinon voit comme des nuées de petites mouches quivolent contre terre toujours à un certain endroit.
(2)Palladius,qui rapporte cette manière de décou-vrir les lieux où il y a des sources, ajoute qu’il fau