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LIVRE VIII. 137

chaleur du soleil et lair lépaississeut et en forment des concrétions semblablesà celles que lon voit dans les marais oh se forme le sel (i5).

11 y a aussi des fontaines que les sucs de la terre doii elles sortent rendenttrès-amères. Tel est le fleuve llypanis au royaume de Pont, qui depuis sasource, par lespace denviron quarante milles est doux ; mais quand il est par-venu à un lieu distant de cent soixante milles de son embouchure dans la mer,il reçoit leau dune petite fontaine, qui rend toutes ses eaux amères, quoiquilsoit un très-grand fleuve. Cette amertume provient dune mine de sandaraque,à travers laquelle passe la source qui communique aux eaux son amertume.

Il est à peu près certain que, selon sa qualité, chaque terrain donne un goûtdifférent aux eaux, de même quil donne un goût différent aux fruits \ car, siles racines des arbres, des vignes et les semences des plantes ne prenaient pas

lées à la substance coagulable , et, les épuisant , pro-duit la pierre ou le sel qui sengendrent dans leauparla jonction des parties coagulables, laquelle sefait par lévaporation des parties aqueuses dont lin-terposition empêchait cette jonction.

Et, en effet, on peut dire, ce me semble, avec quel-que probabilité que cette raison de la coagulationdes corps peut suffire pour expliquer toutes les es-pèces de concrétions , sans même excepter celles quelon estime être faites par transmutation, telle quela concrétion de leau quand elle se gèle, et celle detoutes les autres substances tout le corps est coa-gulé , sans quil paraisse quil y soit arrivé aucunediminution, par l'expression des parties subtiles, dontlinterposition facilitait le mouvement qui était danstoutes les parties du corps fluide avant la concrétion,car il semble que les différences des causes des disso-lutions ne dépendent que de la diversité des puis-sances qui introduisent un corps liquide entre lesparties du corps solide et endurci par la jonction im-médiate de ses parties coagulables. Jappelle partiescoagulables celles qui sont figurées de telle sortequelles ont des faces plates qui font que deux corpsqui sont joints immédiatement par ces faces ont dela peine à se séparer, jusquà ce quelles le soient as-sez pour laisser entrer dms lespace quelles formenten se séparant la substance liquide , qui, empêchantla jonction immédiate de ces faces plates , rend toutle corps fluide ; et cette substance liquide est un corpsplus ou moins subtil et de différente nature dans dif-Tgme II.

férents sujets. Car il y a quelque raison de croire quece sont les corpuscules subtils et mobiles du feu quirendent les métaux fluides ; que cest la sérosité quiempêche que le lait ne se caille; que ce sont les par-ties plus liquides et presque éthérées de leau quirendent le plâtre coulant avant quil soit pris, et quele défaut de ces mêmes parties volatiles de leau estcause quelle se gèle lorsque le froid en empêchelintroduction dans les intervalles des autres partiesde leau : de sorte que , soit que la chaleur du soleilet de lair consume les parties de leau qui sont in-terposées entre ses parties coagulables pour faire la.pierre, ainsi que Vitruve dit, soit que la privationdes parties plus subtiles que leau souffre par le froidexcessif, quand elle se glace , ainsi quIIippocrate lajugé, après avoir vu par expérience que leau dimi-nue et devient plus légère en se glaçant, il sembleque lon peut dire que la séparation et lévacuationdes parties les plus subtiles des corps est générale-ment la cause de leur concrétion ; jai traité ce sujetplus au long dans le premier volume de mes essais dephysique.

( 15) (Note des nouveaux Editeurs.) Toutes les fon-taines qui coulent dans le tuf ont cette qualité pé-trifiante. On remarque cela surtout à Tivoli, prèsde Rome , les eaux pétrifient tout ce qui y tombe.Il en est de même de plusieurs fontaines de la Fran-ce , de la Belgique et de lAngleterre, qui coulentdans le tuf comme les eaux de Tivoli.

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