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près du tombeau d’Euripide, deux ruisseaux qui se joignent après l’avoircôtoyé, l’un à droite, l’autre à gauche. L’eau de l’un de ces ruisseaux est si bonneque tous les passants s’y arrêtent pour se rafraîchir ; mais l’eau qui coule del’autre côté a la réputation d’être si pernicieuse que personne n’en approche.
Dans la partie de l’Arcadie connue sous le nom de Nonacris, de certainesmontagnes distillent une eau très-froide , que les Grecs appellent Stygoshydor (20) , que l’on ne peut contenir dans aucun vase d’argent, ni de cuivre,ni de fer, parce qu’elle saute au dehors et se dissipe en volatilisation. Onnepeutla contenir et la conserver que dans la corne d’un pied de mulet. On ditque c’est de cette eau qu’Antipater lit porter par son fils lolas dans la provinceou était Alexandre, et qu’il s’en servit pour empoisonner le roi. 11 y a encore uneautre eau dans les Alpes au royaume de Cottus , qui tue subitement ceux quien boivent. Au pays des Falisques, près du chemin qui conduit à Naples,dans un bocage qui est au milieu d’un champ appelé Cornetus, il sort unefontaine dans laquelle on trouve des os de serpents, de lézards et d’autres bêtesvenimeuses.
II y a encore d’autres sources dont les eaux sont aigres, telles sont cellesdu Lynceste , celles du Yélino (21) en Italie; celles de Théano dans la Cam-panie , et d’autres en plusieurs endroits. Toutes ces eaux ont la vertu de dis-soudre, chez ceux qui en boivent, les pierres qu’ils ont dans la vessie. Cela pro-vient de ce que ces eaux sont imprégnées des sucs des substances âcres et acidesqu’elles trouvent danslalerre; de sorte que, quand on en fait usage en boisson,elles dissipent ou dissolvent tout ce qui est endurci et coagulé dans notre corpspar suite de la résidence des eaux (22). Pour comprendre comment les acidespeuvent dissoudre les corps endurcis, il n’y a qu’à laisser tremper quelque tempsun œuf dans du vinaigre, l’on verra sa coquille s’amollir et se fendre. Il en estde même du plomb, qui s’éclate si difficilement et qui est très-pesant : mis avec du
(20) C’est-à-dire eau Je tristesse.
(21) J’ai suivi la correction de Kudée , qui lit inItalien Velino Car ri fana Tenno au lieu de in Ilalica vi-rent!, y ayant grande apparence que Vitruve a jointces deux villes, savoir Itulicam Velinum et CampanamTeanum , puisque leurs eaux , au rapport de Pline ,ont une même propriété, qui est de rompre la pierredans le corps par leur acidité.
(22) Vitruve suppose une chose qui n’est pointvraie, savoir que la pierre s’engendre dans le corps
des animaux de la même manière que dans les canauxdes fontaines, où ce qu’il y a de terrestre dans l’eaus’amasse par résidence et par la pesanteur qui setrouve dans cette partie grossière, qui , la rendantmoins mobile que le reste de l’eau , la fait attacheraux conduits sur lesquels elle se coagule. Les raisonsqu’il y a de n’être pas de l’opinion de Vitruve , quiest celle de la plupart des médecins , sont apportéesci-après, dans les notes sur le chapitre cinquième dece livre.