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VITRUVE

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maisons des particuliers. Par ce moyen leau affectée au service public ne serapas détournée de son cours pour les besoins des particuliers (3) qui nauront quecelle de leur réservoir.

Il y a encore une autre raison qui a fait établir cette distribution ; cest queles particuliers dans les maisons desquels on aura accordé de leau paieront auxreceveurs des impôts une redevance qui servira à entretenir les aquéducs publics.

Sil se rencontre des montagnes entre la source de la fontaine et la ville, ilfaudra les percer pour y faire passer laquéduc, en conservant toujours, commeil a été dit, la pente nécessaire. Si dans lintérieur de la fouille on trouve dutuf ou de la pierre, on y taillera laquéduc 5 si cest de la terre ou du sable, onbâtira dans ce qui a été creusé deux murailles qui porteront une voûte, pourcontinuer la conduite, dans laquelle on aura soin détablir des puits ( 4 ) que lonespacera entre eux de quarante toises.

Si lon conduit leau dans des tuyaux de plomb, on fera sur la source un regard,et depuis ce regard jusquau château deau, qui est à lentrée de la ville, onposera les tuyaux, dont les lames auront une épaisseur proportionnée à la quan-tité deau quils doivent contenir. Les tuyaux que lon fondra auront au moinsla longueur de dix pieds, et chaque tuyau pèsera douze cent livres sil est de centdoigts (5) ; sil est de quatre-vingts doigts, il pèsera neuf cent soixante livres 5 sil

servoirs DE et FG ; et que le premier DE et le troi-sième FG ayant des tuyaux E, F, au-dessus de ceuxqui vont aux bains et aux maisons particulières , ilarrivera que lorsque leau monte elle passera par cestuyaux dans le réservoir du milieu, et se joindra àleau quil reçoit, de même que les autres, du re-gard AEC. (PL LXXVI et LXXVII.)

(3) Je me suis donné la liberté de paraphraser cetendroit, qui est fort obscur. Je crois que Vitruve veutdire que leau qui est destinée pour les nécessités pu-bliques ne pourra etre détournée et mal employéeaux fontaines jaillissantes, parce quelle sera prisedans le château ou regard par des conduits particu-liers , 1 un sortant du réservoir DE pour les bains, eti autre du réservoir FG pour les maisons des parti-culiers; ce qui empêchera que les fontaines jaillis-santes n aient d autre eau que celle qui sera de restedans les temps de 1 annee les eaux sont abondantesLe texte porte : Non enim poteruni avertere cum ha -huerint à capihùus proprias ductiones , cest-à-direquds ne pourront prendre que ce qui leur vient

de leur réservoir par une conduite particulière.

(4) Barbaro et Baldus entendent par puteos des sou-piraux qui doivent être faits despace en espace clansles aquéducs; mais ils nont pas remarqué que lespacede cent vingt pieds, que contenait YActus , est moinsque vingt de nos toises, et quil est un peu court,parce que de il sensuivrait quil faudrait cent puitsen chaque lieu claquéducs. De sorte quil y a appa-rence quaprès le mot à'Actus il y avait le nombre, etquil faut lire ut inter duos (scilicet puteos) sinl actus II;cest-à-dire quentre chaque puits il y avait quarantetoises; car il nest pas nécessaire de faire tant dou-vertures quand il ne sagit que de donner de lair auxaquéducs. Il est vrai quà laquéduc de Roquencourt,près de Versailles, qui est de plus de mille toises, lespuits ont vingt- deux toises de profondeur, et sont àvingt toises près lun de lautre ; mais ces puits nontpas tant été faits pour donner de lair que pour lacommodité du service de cet édifice, qui perce unemontagne qui n'est presque que de sables mouvants.

(5) Cest-à-dire, si la lame dont on doit faire le