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YITRUYE,

CHAPITRE XXII.

CONCLUSION DE TOUT L OUVRAGE.

Jai rapporté tout ce qui méritait dêtre su sur les Scorpions, les Catapultes,les Balistes, les Tortues et les Tours 5 jai dit quels ont été les inventeurs de cesmachines, et comment elles doivent être faites. Pour ce qui est des échelles etdes Guindages (1), je nai pas jugé quil fût nécessaire den rien écrire, parceque tout cela est fort aisé et se fait ordinairement par les soldats. Dailleurs cesmachines ne seraient pas propres à être employées en tous lieux, si elles étaienttoutes dune même manière. La diversité qui se rencontre dans les fortificationset dans le courage des différents peuples, fait que lon doit avoir dautres ma-chines pour attaquer ceux qui sont hardis et téméraires, dautres pour ceux quisont vigilants, et dautres pour ceux qui sont timides. Mais je crois que si lonsuit les préceptes que jai donnés, et que lon sache bien choisir ce qui est con-venable parmi les objets différents dont jai traité, on ne manquera jamais detrouver les expédients dont on pourra avoir besoin, selon la nature des lieux,pour toutes les choses que lon voudra entreprendre.

(1) Jai forgé ce nom qui nest point en usage, maisqui vient de guinder , cest-à-dire élever en haut par lemoyen dune machine ; curchesium, que je traduisguindage, signifie en grec le haut dun mât; il se prendaussi, comme il a été dit au quinzième chapitre, pourdes mortaises, parce quil y avait au haut des mâtsdes mortaises pour passer des câbles. Cette machineest différente de celle dont le nom est aussi dérivé dumot de guinder, et que lon appelle guindoule dans

quelques ports de France, et en Hollande gérane, dumot grec geranos, qui signifie une grue, parce queilesert à enlever les marchandises qui sont dans lesvaisseaux pour les poser sur terre; car le carchesium ,était une machine composée dun mât planté en terre,au haut duquel il y avait comme une antenne quiétait pendue en forme de balance ; on sen servait pourélever des soldats jusque sur les murailles des placesque lon assiégeait. Yégèce les appelle lollenones.