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parle Yitruve, prouvent combien leurs ingénieurs étaient habiles. Ce que Plutarque rapportedes machines employées par Archimède pour défendre Syracuse est plus étonnant encore.
Archimède et Eudoxe furent les premiers, suivant lui, qui appliquèrent les principes degéométrie aux mécaniques ; il dit qu’Archimède le fit pour s’amuser et par délassement, d’aprèsla demande d’Hiéron, roi de Syracuse, son parent et son ami. Il ajoute que Platon fut indignéde ce qu’ils avaient ainsi corrompu et gâté l’excellence de la géométrie, en faisant descendrecette science, qui était toute intelleclive et spirituelle, à des objets sensibles et matériels. Ar-chimède avait composé pour Hiéron quantité de machines pour assaillir et défendre les villes ;ce roi n’en ayant pas fait usage, parce qu'il jouit de la paix pendant tout son règne, elles ser-virent aux habitans de Syi-acuse lorsque Marcellus, à la tête des armées romaines, vint assiégercette ville par mer et par terre. Ils les trouvèrent toutes préparées, et, ce qui valait bien mieuxencore, ils possédaient Archimède, qui les avait inventées. L’armée romaine, qui devaitassaillir par terre, s’avance vers les murs sous la conduite d’Appius. Marcellus, qui commandaitsoixante galères, s’avance du coté de la mer. Il avait fait lier ensemble huit de ces galères, etdresser dessus une énorme machine pour rompre les murailles. L’épouvante s’empare alorsdes Syracusains, qui se voient attaqués des deux cotés. Archimède seul reste sans inquiétude-,il fait agir ses machines. Une infinité de traits partent à l’instant de tous les côtés ; des pierresénormes s’élancent dans les airs avec un bruit épouvantable 5 elles brisent et renversent toutce qu’elles rencontrent, sans que rien puisse résister à leur impétuosité ; la confusion et letrouble régnent dans les rangs des Romains. Ce fut bien autre chose encore quand les galèresvinrent attaquer du coté de la mer : les unes sont plongées au fond des eaux par de longuespièces de bois semblables à des mâts, qui sont jetées avec des machines de dessus les murailles ;d’autres sont enlevées par la proue avec des mains de fer et des crochets en forme de bec degrue, qui les dressent perpendiculairement sur les ondes et y enfoncent leur poupe; d’autressont saisies en dedans par des machines tendues en sens contraire l’une de l’autre, qui leurfont faire la pirouette dans les airs, et les vont ensuite briser contre les rochers qui sont aupied des murailles. Rien n’était plus horrible que de voir ces galères s’élever et tournoyerdans les airs, où elles paraissaient suspendues avec toutes les personnes qui étaient dessus,dont la mort était certaine, puisque, jetées au loin par le tournoiement, ces galères, à la fin,venaient se briser vides contre les murailles, ou retomber dans la mer, quand les machines leslâchaient. Lorsque Marcellus fit approcher la machine qu’il avait placée sur plusieurs galèresjointes ensemble, et qui s’appelle sambuque, à cause qu’elle ressemble à l’instrument de musiquequi porte le même nom, tandis qu’elle était encore assez éloignée, on lança sur elle de dessusla muraille une pierre énorme qui pesait mille livres, ensuite une seconde, et puis une troi-sième, qui tombèrent sur cette machine avec un bruit de tonnerre, la fracassèrent et dispersèrentles galères qui la soutenaient, tellement que Marcellus, ne sachant où il en était, fut obligé dese retirer, et d’ordonner à ceux qui attaquaient du côté de la terre d’en faire autant.
On tint conseil, et il fut décidé que le lendemain, avant le jour, on s’approcherait de la mu-raille le plus près qu’il serait possible, pensant que les machines d’Archimède étant très-tendues, elles lanceraient leurs pierres et leurs traits au-dessus de la tête des assiégeants, et nepourraient leur nuire d’aussi près : mais Archimède avait prévu cela ; il avait préparé des ma-