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Les avantures de Telemaque, fils d'Ulysse / par seu Messire François de Salignac, de la Mothe Fenelon, Précepteur de Messeigneurs les Enfans de France, & depuis Archevêque-Duc de Cambray, Prince du Saint Empire
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7 a LES AVANTURES

lui. Il a une puissance absolue pour faire le bien, & les mains liéesdès quil veut faire le maL Les loix lui confient les peuples commele plus précieux de tous les dépôts , a condition qu il fera le père deíès Sujets. Elles veulent quun seul homme serve par íà íàgeíle 8cpar fa modération a la félicité de tant dhommes ; Sc non pas quetant dhommes fervent par leur misère & par leur servitude lâche dflater lorgueil 8c la molesse dun íèul homme. Le Roi ne doit rienavoir au-dessus des autres, excepté ce qui est nécessaire ou pour lesoulager dans íès pénibles fonctions -, ou pour imprimer aux peuplesle respect de celui qui doit soutenir les loix. Bailleurs le Roi doitetre plus sobre, plus ennemi de la molesse, plus exempt de faste &de hauteur quaucun autre. Il ne doit point avoir plus de richesses& de plaisirs ; mais plus de sagesse, de vertu & de gloire que le res-te des hommes. Il doit être au-dehors le défenseur de la patrie, encommandant les armées ; & au-dedans le Juge des peuples pour lesrendre bons , sages 8c heureux. Ce n est point pour lui-même queles Dieux lont fait Roi ; il ne lest que pour être lhomme des peu-ples ; cest aux peuples quil doit tout son tems, tous ses soins, tou-te son affection ; & il nest digne de la Royauté, quautant quil

s oublie lui-même pour se sacrifier au bien public. Minos n a vou-lu que ses enfans régnassent après lui, quà condition quils régne-roient suivant ces maximes. Il aimoit encore plus son peuple quefa famille : c est par une telle sagesse quil a rendu la Crète sipuissante & si heureuse. Cest par cette modération quil a effa- la gloire de tous les Conquérans qui veulent faire servir lespeuples a leur propre grandeur, cest-à-dire à leur vanité. Enfincest par íà justice quil a mérité dêtre aux enfers le souverain Jugedes morts.

Pendant que Mentor faifoit ce discours, nous abordâmes dans lifile. Nous vîmes le fameux Labyrinthe , ouvrage des mains de lin-génieux Dédale , 8c qui -étoit une imitation du grand Labyrintheque nous avions vu en Egypte. Pendant que nous considérions cecurieux édifice, nous vîmes le peuple qui couvroit le rivage & quiaccouroit en foule dans un lieu assez voisin du bord de la mer : nous

de-