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Les avantures de Telemaque, fils d'Ulysse / par seu Messire François de Salignac, de la Mothe Fenelon, Précepteur de Messeigneurs les Enfans de France, & depuis Archevêque-Duc de Cambray, Prince du Saint Empire
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nez vos yeux de peur de me voir. Le père accablé de douleur nerépondit rien. Enfin, après de profonds soupirs, il dit : Ah ! Neptu-ne , que tai-je promis ? A quel prix mas-tu garanti du naufrage ?Rends-moi aux vagues & aux rochers , qui devoienr en me brisantfinir ma triste vie ; laisse vivre mon fils. O Dieu cruel ! tiens,voilà mon sang, épargne le sien. En parlant ainsi , st tira son é-pée pour so percer : mais tous ceux qui étoient auprès de lui arrê-térent .fit main» Le vieillard Sophronyme , interprète des- volontezdes Dieux , lassura quil pourroit contenter Neptune fans domner la mort à son fils; Votre promesse , disoit-il , a éré impru-dente : les Dieux ne veulent point être honorez par cruauté ; gai*dez-vous bien dajouter à la faute de votre promesse celle de Pao-complir contre lès Loix de la nature ossrez à Neptune cent tau-reaux plus blancs que la neige ; faites couler leur fang autour deson Autel couronné de fleurs : faites fumer un doux encens en lhon-neur de ce Dieu.

Idoménée écoutoit ce discours la tête baissée & fans répondre;>la fureur étoit allumée dans íès yeux : soli visage pâle & défiguréchangeoit à tout moment de couleur ; on voyoit íès membres tretmElans. Cependant son fils lui disoit : Me voici, mon père 3 votrefils est prêt à mourir pour appaiferle Dieu de la mer : 11 attirez passor vous fa colère r je meurs content , puisque ma mort vous auragaranti de la vôtre. Frapez , mon père , ne craignez pointtrouver en moi un fils indigne de vous, qui craigne de mourir-.

En ce moment Idoménée tout hors de lui, ôs comme déchirépar les Furies infernales, surprend tous ceux qui lobíèrvoient deprès ; il enfonce son épée dans le cœur de cet enfant, il la retiretoute fumante & toute pleine de fang pour la plonger dans íès pro-pres entrailles : il est encore une sois retenu par ceux qui 1 environ-nent. Lenfant tombe dans son fang íès yeux íè couvrent des om-bres de la mort 3 il les entrouvre à la lumière, mais à peine la-t-iltrouvée, quil ne peut plus la supporter- Tel quun beau lys aumilieu des champs coupé dans fa racine par le tranchant de la char-rue , languit dc ne fe soutient plus : st na point encore perdu cette

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