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Antiochvs : Tragi-Comedie / Par T. Corneille ; Avec Privilege Dv Roy
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ies,rl CE.Que tu penetres mal Fennuy qui me ſurmonte!Si le Prince eſt trompẽ:Phenice, il J eſt ſans honte,Et n'a point à rougir de s eſtre reponduDu luccez qu'à ſa flame il croy oit eſtte· deu.II ſgauoit qua Tigrane Arſinoé fidelleVerroit auec chagrin qu'il ſouſpiraſt pour elle;Ex pourſuiuaut vn cœur pour vn autre enflamé,Il aimoit aſſeurè de n eſtre point aim.Mais qui nauroit point cru qu vne ſecrette flameMeauoir abandonté l empire de ſon ame:De ſes yeux interdits la confuſe langueurSembloit de ſon deſtin m expliquer la rigueur,A ſes ſouhaits pour moy rien ne pouuoit ſuffire,II parloit,s Egaroit,& craignoit de trop dire,Sil alloit quelquefois iuſques à m'admirer,Se taiſant tout à coup ie Poyois ſoupirer,Et de ſon feu ſecret Jauois pour aſſcuranceSes regards, ſes ſolipirs, ſa crainte& ſon ſilence.Cependant i ay trop crũ ce ſilence trompeur,Ah, ſi tu connoiſois tout ce que ſouffre vn cœur,Quand au gré de ſes vcœux ſe flatant d eſtre aimOn croit or ſon nom,& qu vne autre eſt nommeePHENI CE. 1Ceſt ſans doute vn chagrin qu'on ne peut conce.uoir, fMais de quoy peut ſe plaindre vn amour ſans eſpoirQue perd· on en perdant ce qu on n a pu pretendre:S FRAT GNI CE.La gloire d auoir pris ce qu on auoit crit prendre,Et de pouuoir du moins ne ſe point reprocherQu on ne meritoit pas ce qu on na ſgetetoucher.Outre que dans le rang ouͤ le Ciel m'a fait naiſtre,Ie tougiſſais d' vn feu que ie ſentois s accroiſtre,

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