4 SATIRES.Par deux qu trois auis, n' euſt tavagè la France.Ie ſgai qu vn juſte effroi I loignant de ces lieux,La fait pour quelques mois diſparoiſtre à nos yeux:Mais en vain, pour vn temps, yne taxe L'exile:On le verta bientoſt pompeux en cette ville,Marcher encor charge des dépouilles d'autrui,Et jouir du Ciel meſme irritẽ contre luy.Tandis que Pelletier, crotté iuſqu à l'echine,
1den va chercher ſon pain de cuiſine en cuiſine:Savant en ce męrier, ſi cher aux beaux Eſprits, 0Dont Monmaur autrefois fit legon daus Paris, 1
Il eſt vrai, que du Roy la bontè ſecourable.Iette enfin ſur la Muſe vn regard favorable. tEt reparant du Sort Javeuglement fatal, unVa tirer deſotmais Phœbus de 1 Hoſpital. MOn doit tout eſperer dyn Monarqueè ſi iuſte. ItMais ſans vn Mecenas, à quoy ſert vn Auguſte; WEt fait comme je ſuis, au ſiecle d aujourd hui,Qui voudra s abaiſſer à me ſervir d appui; 0Et puis, comment percer cette foule effroyable, 5.
De Rimeurs affamez, dont le nombre accable? JQui, des que ſa main s ouvre, y courent les pre- Almiers,
Et raviſſent vn bien qu on devoit aux derniers.
Comme on voit les Frelõs, troupe laſche& ſtetile-
Aller piller le miel que J Abeille diſtile.
Enfin je ne ſgaurois pour faire vn juſte gain,
Aller bas& rampant flechir ſous C***
Cependant, pour flater ce Rimeur tutelaire,
Le frere en vn beſoin va renier ſon frere:
Et Phœbus en perſonne, y faiſant la le gon,
Sagneroit moins ici, qu au mëtier de maon,
Ou, pour eſtre couchẽ ſur la liſte nouvelle,
S'en iroit chez Billaine, admirer la Pucelle.Ceſſons donc d aſpirer à ce prix tant vanté,