SAT FR ES. 9
Ie fais mille lermens de ne jamais ecrire:3 Mais quand j ai bien maudit& Muſes& phœbus,1e la voy qui paroiſt, quand je ny penſe plus.Auſſitoſt malgrẽ, moy, tout mon feu ſe rallume:Ie reprens ſur le champ le papier& la plume,Et de mes vains ſermens perdant le ſouvenir,Lattens de vers en vers qu'elle daigne venir.Encor, ſi pour rimer, dans ſa ver ve indiſcrete.Ma Muſe au moins ſoufftoir ene froide epithete:Ie ferois comme vn autre;& ſaus chercher ſi loin,Taurois toüjours des mots, pour les coudre au be-ö ſoin NSi je lonois Philis, En miracles feconde;Ie trouverois bientoſt A Hulle autre ſeconde.Si je voulois vanter vn objet Nompareil;Ie mettrois à Pinſtant Plus beau que le Soleil.Enfin parlant toujours& d Aſtre,& de Merveilles,
1,De Chefed œuvres des Cicuxs de Beaute ſaus pa-
cher;
a reilles;haralſe-
. Auec tous ces beaux mots ſouvent mis au hazard,
4 Ie pourrois aiſẽment, ſans genie,& ſans art,
r Et tranſpoſant cent fois& le Nom& le Verbe,
9 Dans mes vers recouſus mettre en pieces Mal-
„ herbe.
Mais mon Eſprit tremblant ſur le choix de ſesmots,
Nen dira jamais vn, sil ne tombe à propos,
5 Et ne[gauroit ſouffrir, qu vne bs inſipide
Vienne à la fin dyn vers remplir la place vuide.
5 Ainti, recommengant vn ouvrage vingt fois,
Si j'ècris quatre mots, i En effaceray t trois.
. Maudit ſoit le premier, dont la verve inſenſèe
al Dans les börnes d'vn vers renferma ſa pensée,
7 Et donnant à ſes mots vne Etroite ptiſon,
75 Voulut avec la Rime enchainer la Raiſon.
Inh B v
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