SATIRE S 17
Et lautre lappuyant de ſon aigtre fauſſet,
fete, Semble vn violon faux qui jure ſous Larchet.u gur ce point, vn Iambon daſſez maigre appa-0 rence,i Arrive ſous le nom de Iambon de Mayence.
Vn Valet le portoit, marchant à pas comptez.rant. Comme vn Recteur ſuivi des quatre Facultez.! Deux Marmitons craſſeux, reveſtus de ſetvietes,
Luy ſervoiẽt de Maſſiers,& portoiẽt deux aſſietes;L'vne de champignons, avec des ris de veau,
Et l autre de pois verds, qui ſe noyoient dans I'eau.Vn ſpectacle ſi beau ſurprenant! aſſemblée,
Chez tous les Convieꝝ la joye eſt redoublée:
Et la Troupe à Finſtant, ceſſant de fredonner,D'vn ton gravement fou, s eſt miſe à raiſonner.
Le vin au plus mut fourniſſant des paroles,Chacun a debitè ſes maximes frivoles,
Re glé les iutereſts de chaque Potentat,
Corrigè la Police,& teformé] Eſtat;
Puis de la sembarquant dans la nouvelle guerre,A vaincu la Hollande ou battu Angleterie.Enfin, laiſſant en paix tous ces peuples divers,De propos en propos, on a parlè de vers.
La tous mes Sots enflez d'vne nouvelſe audace,Ont jugèé des Auteurs en Maiſtres du Patnaſſe.Mais noſtre Hoſte ſur tout, pour la juſteſſe& art.Elevoit iuſqu'au Ciel Theophile& Ronſard.Quãd vnides Campagnards rele vat ſa mouſtache,Et ſon feutre à grand poils„ ombragéë d' vn pen-
nache,
% Impoſe à tous ſilence& d' vn ton de Docteur,cage Morbleu, dit-il, La Serre eſt vn charmant Au-eb teur;
2 Ses vers ſont d'vn beau ſtile.& ſa proſe eſt cou-A lante!
lun 5
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