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Satires Du Sieur D*** / [Nicolas Boileau]
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SATIRE S 17

Et lautre lappuyant de ſon aigtre fauſſet,

fete, Semble vn violon faux qui jure ſous Larchet.u gur ce point, vn Iambon daſſez maigre appa-0 rence,i Arrive ſous le nom de Iambon de Mayence.

Vn Valet le portoit, marchant à pas comptez.rant. Comme vn Recteur ſuivi des quatre Facultez.! Deux Marmitons craſſeux, reveſtus de ſetvietes,

Luy ſervoiẽt de Maſſiers,& portoiẽt deux aſſietes;L'vne de champignons, avec des ris de veau,

Et l autre de pois verds, qui ſe noyoient dans I'eau.Vn ſpectacle ſi beau ſurprenant! aſſemblée,

Chez tous les Convieꝝ la joye eſt redoublée:

Et la Troupe à Finſtant, ceſſant de fredonner,D'vn ton gravement fou, s eſt miſe à raiſonner.

Le vin au plus mut fourniſſant des paroles,Chacun a debitè ſes maximes frivoles,

Re glé les iutereſts de chaque Potentat,

Corrigè la Police,& teformé] Eſtat;

Puis de la sembarquant dans la nouvelle guerre,A vaincu la Hollande ou battu Angleterie.Enfin, laiſſant en paix tous ces peuples divers,De propos en propos, on a parlè de vers.

La tous mes Sots enflez d'vne nouvelſe audace,Ont jugèé des Auteurs en Maiſtres du Patnaſſe.Mais noſtre Hoſte ſur tout, pour la juſteſſe& art.Elevoit iuſqu'au Ciel Theophile& Ronſard.Quãd vnides Campagnards rele vat ſa mouſtache,Et ſon feutre à grand poils ombragéë d' vn pen-

nache,

% Impoſe à tous ſilence& d' vn ton de Docteur,cage Morbleu, dit-il, La Serre eſt vn charmant Au-eb teur;

2 Ses vers ſont d'vn beau ſtile.& ſa proſe eſt cou-A lante!

lun 5

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