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trône ; les autres sont à ses pieds. Dans sourecueil, on trouve plusieurs fables mal oon=duiles, dont la morale n'est pas bien déter»minée ^ on y rencontre même des taches,des traits de mauvais goût ; mais, j’ose dire,d’après les nombreuses lectures que j’en ailaites , qu’on n’en trouverait pas une seulequine contint quelque trait heureux dena»turel ou de poésie •, la plus mauvaise porteencore le cachet du génie inimitable qui l’aproduite. Il n’en est pas de meme chez nosautres fabulistes: quand on découvre, aucontraire, une fable qui renferme quelques»uns de ces traits, on s’en apperçoit bien vite ;on la relit, et l’on est étonné de voir quel’auteur ait eu de ces inspirations ; on par»courtalors le recueil avec plus d’indulgence,on met même plus d’attention à le dire ;mais qu’y gagnent-on? la triste certitudeque la nature est singulièrement avare deces génies faciles, riants, et réunissant laplus sublime poésie à la simplicité la plusnaïve.
Peut» être obsèrvera» t = on que si nousn’avons pas de fables à mettre à côté de cel=les de La Fontaine, c’est que nos plus grandspoètes ne se sont pas essayés dans ce genre.Ce serait se tromper que de le croire: lespoètes qui assurent l’honneur de notre lit»térature, sont sans doute, dans leur genre,