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resserrer; au moyen de quoi l’araignée peut filerplus gros ou plus fin, comme il lui plaît ; mais,te qui étonne même l’imagination, c’est quechacun de ces six mamelons est composé lui-même de mille filières insensibles, qui donnentpassage à autant de fils : ainsi, en considérantla finesse de cette soie, formée de six milliersde fils, qu’on juge quelle doit être l’extrêmeténuité des fils qui sortent des petites filières,et jusqu’à quel point peut aller la divisibilité dela matière ! Tout le monde a vu filer l’araignéedes appartenions : ses fils sont croisés les unssur les autres, et non entrelacés comme dansnos toiles. La glu dont ils sont enduits les faittenir ensemble les uns sur les autres. Ce sontles filets qu’elle tend aux mouches, dont ellesuce la liqueur et les chairs. Cette araignéechange de peau tous les ans, même aux pattes,somme les écrevisses : elle peut vivre quatreans. Dans sa vieillesse, la liqueur gluante deses pattes, et celle qui sert à faire le fil, setarit ; alors l’insecte ne pouvant plus attrapersa proie, meurt de misère, ou devient la proiedes autres araignées; car elles se dévorent lesunes les autres quand elles le peuvent. Ce n’estqu’aux temps des amours qu’elles suspendent uninstant cette férocité. On peut les voir quelque-fois sur une toile alonger les jambes, secouer