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Ântaine Boudard de Limotte, l'un des qua-rante de l'Académie française, naquit à Parisle 17 Janvier 1672. Son père, marchand cha-pelier, lui fit donner une éducation tres-soignée.On le destinait à la jurisprudence ; mais unepassion violente pour la littérature l’entraîna etdécida de son sort; il ne fut qu’homme de let-tres. Il débuta à vingt-un an par une comédiequi eut peu de succès. À peine sa réputationcommençait-elle à se former dans le monde,qu’il se retira à la Trappe ; mais le célèbre abbéde Ranci , le trouvant trop jeune pour soutenirles austérités delà règle, lui refusa l’habit, etle renvoya deux ou trois mois après. Revenu àParis , il reprit l’étude des lettres, et ne la quittaplus. Il s'exerça dans la plupart des genres dela littérature, et se distingua dans plusieurs.11 fit une bonne comédie, le Magnifique , unetragédie du plus grand intérêt, Inès de Castro ,des Opéra qui eurent le plus grand succès, desOdes pleines de bon sens, et qu’on lit encoreaprès celles de J. B. Rousseau ; il mit en versl'Iliade d'Homère , ouvrage qui lui attira uneinfinité de critiques, et qui est tombé dans leplus profond oubli ; il composa des égloguesqu’on n’a guère lues, et des fables qui firentbeaucoup de bruit dans leur nouveauté, et qu’onnéglige trop à présent. Elles furent écoutées avec