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transport aux assemblées de l’Académie fran-çaise, parce que Fauteu r était l’homme de Francequi lisait le mieux: le mauvais paraissait excel-lent dans sa bouche; mais lorsqu’elles virent legrand jour, elles furent critiquées très-sévère-ment; on les compara à celles de La Fontaine,et l’on ne trouva nulle part la naïveté sublimequi fait le charme de ce divin poète. Lamotceveut cependant être simple et naïf comme lui;mais il ne peut montrer que de l’esprit où il nefaudrait que du naturel. Ses fables sont peupléesd’êtres métaphysiques, Dont Jugement , DameMémoire , etc. Le style en général en est forcé,alambiqué et semé d’expressions précieuses etridicules. Cela n’empêche pas néanmoins qu’ilne soit, peut-être, le second auteur de fablesfrançaises: il n’approche pas de La Fontaine,mais je ne sais pas qui l’on pourrait mettre aveclui. Son grand mérite, sur-tout, est d’avoir tracéavec autant d’esprit que de justesse, le fondset le dessein de ses fables. Il en a inventé unegrande partie, et heureusement réformé cellesqui ne sont pas de son invention.
Ce poète, d’un caractère fort doux, très-poli,plein d’esprit, et d’une conversation aussi facilequ’amusante et instructive, fut recherché partous les hommes de mérite de son temps, etpar les plus grands seigneurs qui connaissaient