4 Les Aventures
ment le pere de tous ses sujets. Les jeuneshommes & les jeunes filles qui s’épou-foient, ne faisoient éclater leur joie qu’enchantant les louanges de celui de qui cettejoie si douce leur étoit venue. Les bou-ches, & encore plus les cœurs, étoient fanscesse remplis de son nom. On se croyoitheureux de le voir. On craignoit de leperdre : sa perte eût été la désolation dechaque famille.
Alors Idomenée avoua à Mentor qu’iln’avoit jamais senti de plaisir aussi tou-chant que celui d’ètre aimé , & de rendretant de gens heureux. Je ne l’aurois jamaiscru , disoit-il ; il me sembloit que toutela grandeur des Princes ne consistoit qu’àse faire craindre ; que le reste des hommesétoit fait pour eux (j) ; & tout ce quej’avois oui dire des Rois , qui avoient étéí’amour & les délices de leurs peuples, meparoissoít une pure fable , j’en reconnois.maintenant la vérité. Mais il faut que-je vous raconte, comment on avoit em-poisonné mon cœur dès ma plus tendreenfance fur l’autorité des Rois. O’est cequi a causé tous les malheurs de ma vie.
( 3 ) Il saut des sentiments four goûter le plaisirdélicat Ae faire d.u bien aux autres: il faut de l'espritpour trouver dans les lettres un agréable délassement.f,°s hommes •vulgaires font exclus de ces plaisirs qu'ilsne peuvent regarder que comme de belles chimères.