qu'elle est bonne et légitime. Il est vrai que la légenderétrograde de l’avers tend à en faire douter, car les exem-ples de cette irrégularité ne sont pas fréquents dans lemonnayage viennois; cependant, il en existe, et l’on peutciter la petite obole avec NORILIS VIENNA, ce derniermot écrit AXNKiV, bien connue des collectionneurs (*).Ce qui emporte notre conviction, c’est la bonté apparentedu métal de cette pièce et son poids très satisfaisant.
Revenons maintenant aux deniers de Genève avec saintMaurice, il est certain que la frappe n’en a pas duré long-temps : le peu d’exemplaires retrouvés et le petit nombredes types et variétés qu’ils présentent (tandis que lesdeniers postérieurs au type de saint Pierre et, ce qui estencore plus probant, ceux de l'époque antérieure au nomde Frédéric, sont eu nombre beaucoup plus considérabledans le trésor du Pas-de-J’Echelle), prouve que les émis-sions ont été peu importantes et qu’elles ont eu lieu pen-dant un temps relativement court. Ce fut un épisode plu-tôt qu’une période de l'histoire monétaire de Genève .
Cependant, si peu nombreux qu’ils soient, ces deniersinattendus ont une importance considérable, parce qu’ilsforment la transition entre l’ancien monnayage genevoisau type carolingien et le monnayage plus moderne carac-térisé par la tête de saint, Pierre et expliquant cette évo-lution. En outre, ils permettent d’établir quand elle a eulieu. Voici comment nous croyons qu’on peut, lixer cettechronologie.
.Ee trésor du Pas-de-l’Echelle renfermait trois grandescatégories de deniers; pour chacune d’elles on a trouvé,concurremment avec les espèces légitimes frappées àGenève , un certain nombre de pièces contrefaites : nousavons cherché à l’établir pour les FRIPERIES EPS etpour les S. MAVRIEIVS, et nous verrons, dans le troi-sième chapitre, qu’il en a été de même pour les SESPETRVS. D’un autre côté, on sait qu’il existait à Aigue-belle, dans la seconde moitié du XF siècle, un atelier
(1) 11. Morin, op. cit., pl. U, 1ig. 6.