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garde suisse vinrent en cette ville, compli-menter leurs Confédérés et se mettre à leurservice. De graves questions d’étiquette fu-rent agitées entre les ambassadeurs et les offi-ciers royaux ; l’ordre de préséance, et surtoutla volonté manifestée par le roi de rester cou-vert en présence des Suisses et lors de la pres-tation de serment, donnèrent lieu à des dis-cussions assez âpres. En fin de compte, lesSuisses durent céder sur presque toute la li-gne, le roi ayant déclaré qu’il s’en tiendrait àce qui avait été fait en 1602. Mais ce qui n’a-vait choqué personne alors, ce que les Suisses toléraient de la part de leur excellent ami etallié Henri IV , ne pouvait être admis qu’avecpeine de la part de Louis XIV . L’étiquetteprenait la place de la cordialité ; on agissaitsans enthousiasme et l’on aurait désiré plusd’égards ; le roi-soleil, qui s’apprêtait à dicterses lois à l’Europe , n'en voulait avoir pourpersonne ; au surplus, il savait fort biencomment prendre les Suisses .
De Charenton , la calvacade se rendit àVincennes ; le 9, elle arrivait à Paris et faisaitson entrée solennelle le 10. Le corps de villese porta à sa rencontre et lui offrit le vind’honneur. Le même jour, les Suisses remi-rent leurs lettres de créance au secrétaire dela cour pour les affaires étrangères, M. deLyonne.
Le 11, ils dînèrent chez le chancelier de