France et, le soir, eurent une première au-dience du roi, au Louvre. Lorsque le monar-que eut touché la main à tous les députés,Waser, leur chef, fit un petit discours traduitpar l’interprète Vigier, membre du conseil deSoleure . « Sire, dit-il, le passé vous répond del’avenir. Veuille le souverain maître des roisconduire toutes choses de manière à ce que laterre sache que la présente alliance n’a pourfin que l’honneur de Dieu , la défense des op-primés, l’accroissement de la justice et laconservation des deux Etats. » Le roi répon-dit : « Ma conduite dira le cas que je fais devous. » C’était court et ambigu ; mais il ajou-ta quelques paroles moins banales. Le dau-phin, âgé de deux ans, fort effrayé à la vue deces visages nouveaux, se rassura bientôt etparut prendre quelques-uns des Suisses enamitié. Ceux-ci furent émerveillés de la beau-té et de la grâce de la reine Marie-Thérèse,mais le fard dont les dames de la cour avaientle visage couvert leur fut un objet de scan-dale.
Les jours suivants, ce ne furent que festinset visites aux grands personnages de la cour ;les ambassadeurs dînèrent chez le prince deNeuchâtel , leur allié, chez Condé, chez Turen-ne où Waser constata que l’on mangeait fortbien, « præchtig gespeiset », dit-il, chez Vil-leroi. Le duc de Grammont fit jouer Molière devant eux ; satisfaits du bouffon, ils lui firent