CHAPITRE III
Chronologie géologique.
En admettant, comme nous l’avons fait, suivant l’hypothèse deLaplace, l’idée de la fluidité primitive du globe, nous devons nous re-présenter notre Terre, à l’origine, comme une sphère liquide, en grandepartie métallique, sur laquelle les matières fondues devaient être super-posées par ordre de densités, entourée d'une atmosphère contenant àl’état de vapeurs l’eau et les sels des mers actuelles. Puis, par refroi-dissement, les substances les plus légères et les plus réfractaires, la si-lice, l’alumine, la potasse, la soude, se disposèrent à la surface de lasphère, se solidifièrent et formèrent une croûte, qui a séparé de l’atmo-sphère les matières en fusion de l’intérieur du globe.
Cette croûte est le plus ancien terrain formé; c’est pourquoi on luia donné le nom de terrain primitif ou archéen. C’est lui qui sert desoubassement à toutes les formations sédimentaires. Les roches archéen-nes ou cristallophytiennes ne renferment jamais de fossiles car, au mo-ment de leur formation, les conditions physiques et chimiques ne seprêtaient pas à l’apparition et au développement de la vie. L’on peutpenser aussi que les corps des premiers êtres vivants, étant de consis-tance molle, n’ont pu laisser que de vagues empreintes ; d’autre part lestransformations profondes subies par les terrains archéens sous l'in-fluence des masses centrales incandescentes et des phénomènes mécani-ques dus à la contraction de ces masses centrales, ont pu faire dispa-raître toutes traces organiques; ainsi nous ne connaîtrons probablementjamais, d’une manière certaine, les premiers habitants de la Terre .
Au moyen de diverses méthodes d’investigation : méthode litholo-gique, basée sur l’étude des roches ; méthode stratigraphique, basée surl’étude des rapports des couches entre elles ; méthode paiéontologique,basée sur l’étude des fossiles, les géologues ont pu établir la chronolo-gie relative des terrains.