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LA SUISSE PRÉHISTORIQUE
souabe d’autre part. La dernière (quatrième glaciation) a laissé naturel-lement les dépôts les mieux caractérisés. L’enchevêtrement que présen-tent les formations glaciaires de ces quatre phases a été pendant long-temps un sérieux obstacle à leur classification. Ce n’est que peu à peuqu’il a été possible de séparer les divers éléments attribuables à cha-cune d'elles. On distingue pour chaque glaciation des dépôts moraini-ques avec les nappes de graviers qui en dépendent. Voici la nomencla-ture adoptée récemment :
1° Glaciation avec graviers anciens des plateaux ;
2° Glaciation avec graviers récents des plateaux;
3° Glaciation avec graviers des terrasses supérieures ;
4° Glaciation avec graviers des terrasses inférieures.
Tandis que les moraines des deux premières glaciations sont géné-ralement peu visibles, noyées qu’elles sont sous les dépôts glaciairessubséquents, les deux dernières, par contre, ont laissé des traces trèsnettes qui se sont déposées concentriquement autour du point terminaldes glaciers. Les dépôts frontaux de la troisième glaciation se trouventen majeure partie au-delà des frontières de la Suisse ; par contre les dé-pôts de la phase de retrait, fortement morcelés par l’érosion subsé-quente, se trouvent plus à l’intérieur; ce sont les graviers dits de lahaute terrasse. Les relations entre les moraines de la quatrième glacia-tion et les graviers des basses terrasses, sont des plus manifestes. Il aété possible de délimiter très exactement les contours de cette dernièreglaciation et de constater les oscillations locales pendant son stademaximum, puis les phases de retrait successif jusqu’à l’état actuel. Aucours de cette phase de retrait on distingue encore une série de petitsstationnements: a) premier stade, à l’entrée des vallées alpines; b)deuxième stade, au milieu de ces vallées ; c) troisième stade, dans leurrégion supérieure. Entre chaque glaciation, il y a une phase, une pé-riode dite interglaciaire, pendant laquelle les glaciers se sont retirésjusque dans les hautes vallées, peut-être aussi haut qu’actuellement,tandis que le climat des basses régions s’adoucissait suffisamment pourpermettre l’établissement des forêts peuplées d’animaux divers, de Mam-mifères en particulier. Mais avant l’envahissement de la végétation arbo-rescente au pied des montagnes, le pays a pris l’aspect d’une steppe,avec ses tempêtes de poussière et de sable, alimentées par les vastessurfaces dénudées que le glacier venait d’abandonner.
Cette poussière s’est déposée sur les coteaux, sous forme de limonargilo-calcaire très léger et poreux qu’on désigne sous le nom de Loess.De la végétation forestière, comme aussi de quelques formations tour-