Buch 
La Suisse préhistorique : le Paléolithique et le Néolithique / A. Schenk ; préface de F.-A. Forel
Entstehung
Seite
56
JPEG-Download
 

56

LA SUISSE PRÉHISTORIQUE

un lit de cailloux striés provenant des Alp_s ; ils sont recouverts par leterrain diluvien déposé par lits réguliers, cailloux, sable et Loess, au mi-lieu desquels se dressent de gros blocs, qui ne peuvent laisser de doutesur leur origine erratique, car tous sont striés et polis par laction duglacier. Un autre exemple signalé par Riitimeyer' est plus intéressantencore. A Wetzikon (Zurich ), dans une couche de lignite intercalée,comme celle dont il vient dêtre question, entre deux assises glaciaires,et les débris végétaux se montrent de même assez bien conservéspour quon puisse reconnaître chaque espèce, on a trouvé des branchesde Conifères, Pins ou Sapins, soigneusement tressées les unes auxautres et taillées en pointe. Quelques auteurs ont voulu voir dans cesdébris le travail des Castors qui vivaient eu Suisse à cette époque; maislexamen attentif des branches démontre qu'aucune d'entre elles neporte les deux sillons parallèles, séparés par une petite côte en relief (pieproduisent inévitablement les incisives des Rongeurs. Il nous paraîtdonc plus plausible de considérer ces débris de bois nattés comme étantlœuvre de lHomme et une preuve de son existence en Suisse , à unepériode iuterglaciaire -.

Les conditions indispensables à la formation des glaciers consis-

1 I.. Riitimeyer. Spuren des Menschen ans interglaciaren Ablagerungen in der Schwelz.In-8, 1875.

3 Le I) r Sclicucrmann, juriste bfklois, ayant trouvé, eu 1874, dans un bloc de houilleschisteuse provenant de Schiineich, près de Wetzikon , quatre fragments de bois appointis il leurextrémilé, remit ces objets au professeur Riitimeyer, qui les considéra, après examen, commeayant été travaillés par la main de l'Homme, ce qui paraissait démontrer l'existence de l'Homme,en Suisse , il lépoque de la formation des houilles de Wetzikon , Dürnten, etc., c'cst-h-dirc pen-dant la dernière période interglaciaire, celle de Riss-Wiirm, Le fragment de bois le mieux con-servé mesurait 18 à 14 centimètres de long ; la pointe atteignait 6 à 7 centimètres et présentaitvers sa base une sorte d'entrelacement rappelant ceux que l'on remarque sur les bois tressésdes corbeilles. D'après Schwendener le bois devait provenir du Sapin rouge ( Abics excelsa I..).D'après Steenstrup, les fragments de bois travaillés de Wetzikon présenteraient une grande ana-logie avec les « Biberstock » que lon rencontre abondamment dans les tourbières ; d'autres sa-vants supposèrent que le travail avait été effectué par lintermédiaire du sable et de leau ; telleest lopinion du professeur C. SchrOter, à Zurich . Voir J. Heierli. Urgeschlchte der Schweiz,pages 84 et 85.

Nous verrons plus tard que, daprès M. le professeur Bilchler, la station paléolithique dela caverne de Wildkirchii, au Sitntis, se rapporte au Moustérien, soit il la dernière période inter-glaciaire de M. Penck {Riss-Wiïrm). C'est dans cette même période que tombe la formation descharbons (lignites) feuilletés des cantons de St-Gall , Zurich (Utznach, Dürnten, Wetzikon ). M. leprofesseur Dr Hans Schardt , à la science duquel nous avons fait appel, ne voit, en outre, en saqualité de géologue, aucun obstacle géologique à la coexistence de 1 1 loinme et de l'Ours descavernes pendant la dernière période interglaciaire. « Il est même probable qu'il a suivi lesmouvements des glaciers pendant les oscillations précédentes». D' H. Schardt, in litt, 22 août

1907.

D'après M. le professeur Marcellin Boule et M. le D r Hugo Ohermuier, la station duWildkirchii se trouve en plein Terrain glaciaire et ce serait à l'époque postglaciaire qu'il faudraitrapporter le contenu intact, ni roulé, ni remanié du Wildkirchii (M. Boule. Observations surun silex taillé du Jura et sur la Chronologie de /Vf. Penck. L'Anthropologie. T. 19. Paris ,

1908. H. Obermaier, ibid., p. 98).