ÉPOQUE MOUSTÉRIENNE
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et à défaut de celle-ci, il devait probablement se contenter souvent defruits sauvages et de racines.
Comment les habitants des cavernes se procuraient-ils le feu ? 1Probablement par les mêmes procédés qui sont encore usités chez denombreuses peuplades sauvages. On peut facilement s’imaginer qu’ilsont recueilli d’abord des morceaux de bois enflammés provenant d’ar-bres frappés par la foudre. Puis ayant vu des étincelles jaillir de leurssilex, et une brûlure, par exemple, leur ayant appris l’identité de cefeu avec celui qu'ils connaissaient déjà, il n’était plus besoin de beau-coup d’invention pour recueillir ces étincelles sur des feuilles ou desherbes sèches et se procurer ainsi ce précieux élément: une étincelletombée par hasard sur leur couche a pu leur faire trouver ce procédé.L’échauffement du morceau de bois pointu qui leur servait à percerleurs instruments par un mouvement de tarière, a pu aussi les conduirefacilement à l’autre procédé, si répandu encore aujourd'hui parmi lessauvages : le frottement de deux morceaux de bois sec l’un contrel’autre.
« Les habitants de la Terre de feu opèrent d’une façon beaucoupplus simple; ils frappent une pyrite de fer avec un silex et obtiennentainsi des étincelles suffisamment puissantes pour embraser des herbesséchées.
Les Hommes de l’époque moustérienne étaient-ils déjà en posses-sion de ces divers procédés? De nos jours encore quelques tribus austra-liennes et certaines familles de la Terre de Van Diemen, qui occupentles plus bas degrés de l’échelle sociale, connaissent bien et utilisent lefeu, mais ignorent absolument comment on se l'est procuré à l’origineet seraient incapables de le produire à nouveau s’il venait à s’éteindre.John Lubbock raconte, d’après Dowe, à propos des Tasmaniens que,dans toutes leurs courses, ils emportent avec un soin tout particulierde quoi alimenter le feu. Leur mémoire ne leur fournit point d’exempled’un temps où ils ont été obligés de faire appel à leurs ressources d’in-vention pour ressusciter un élément aussi indispensable que l’est laflamme à leur santé et à leur bien être. Ils ne savent pas comment cet
1 Le premier feu dont l’Homme se servit, ce fui le feu du ciel; c’est ce qu'indiquent leslégendes et les mythes de presque tous les peuples; depuis l'Héphaistos des Grecs, depuis Pro-înéthée, depuis l'Oiseau de feu des Romains, depuis le Dieu Agni des Hindous jusqu'à l’Oiseaude feu des Indiens, toujours le feu a une origine céleste. C’est l'éclair qui le fit descendre sur laterre, bien que çà et là, dans les régions volcaniques, on ait pu utiliser d’abord le feu venant del’intérieur de la terre. La naissance du feu dans des parties de plantes décomposées (fumier)n'est possible que dans des circonstances tout à fait particulières et entre à peine en ligne decompte ici. Kd. Krause in H. Kranner (L'Univers et ïHumanité). Tom. 5, p. 64.