ÉPOQUE TOURASSIENNE
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Quelle que soit du reste la manière d'envisager la transition entreles deux époques que nous étudions, il est évident que les Hommes descavernes , et ceux dont nous retrouvons les restes dans les terrains qua-ternaires, ne sont pas arrivés par leurs seules forces aux progrès consi-dérables que décèle, sur notre sol, l’Age néolithique. Tout conduit àsupposer des migrations nombreuses et répétées. Que ces races conqué-rantes soient venues s’établir dans des terres désolées et abandonnéeségalement par les Hommes et par les animaux, ou qu’elles aient ren-contré devant elles les vieilles races du pays, il n’en est pas moins cer-tain que ce sont ces étrangers qui ont apporté avec eux des mœursnouvelles, des conditions de vie nouvelle, tous les éléments, en un mot,de la civilisation plus avancée que confirme chacune de nos découvertes.
Devant ces conquérants souvent issus du même sang, les vaincusont dû, soit accepter leur défaite et s’unir aux vainqueurs, soit se retirervers d’autres climats pour fuir des envahisseurs que leur résistancen’avait pu arrêter. Ceux-ci devaient, à leur tour, disparaître devant desenvahisseurs nouveaux chassés par la faim, par le froid, ardents àoccuper les pâturages fertiles et à s’établir dans les climats tempérés.
Ce sont là, dans tous les temps, les tristes annales de l’Humanité.Quand une race est complètement supérieure, quand sa civilisation esttrop puissante pour les vaincus, ceux-ci ne peuvent la comprendre, serefusent à l’adopter et, par une loi fatale, doivent succomber devantelle. C’est ainsi que, de nos jours, les Australiens disparaissent devantles colons anglais ; les Indiens devant les pionniers américains ; lesTahitiens devant les Français . Rien ne peut arrêter cette destructionfatale. Quant au contraire, ces civilisations se rapprochent ; quand, sil’on peut se servir de ce mot, elles sont sœurs, les souvenirs des vic-toires et des défaites, des conquêtes et des ruines, s’effacent avec letemps. Les vainqueurs et les vaincus s’unissent, et de ces unions sontsorties les peuples modernes les plus vigoureux et les plus puissants.Les Celtes, les Gaulois et les Romains sont les ancêtres des Français ;les Ibères et les Romains ont formé les Espagnols ; les Anglais sont filsdes Celtes, des Danois et des Saxons ; et si nous remontons plus hautdans l’antiquité, les Grecs descendent des Pélasges — et les Romainseux-mêmes, ont tiré leur origine première de vingt peuples qu’ils ontsuccessivement associés à leurs destinées. Ce que nous savons destemps dont l’histoire conserve le souvenir, doit être également vrai destemps préhistoriques. Des races nouvelles sont issues de ces émigrants,de ces conquérants d'origines diverses et des Troglodytes qui vivaientà l'époque paléolithique. Ce sont ces races qui ont peuplé l’Europe , et