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LA SUISSE PRÉHISTORIQUE
avec ardeur. Le petit Cheval quaternaire de Solutré a été domestiquésans doute à l’époque de la pierre polie, lors de l’introduction de l’agri-culture. Il est fort probable que les petits Chevaux de la Norvège , lesPoneys de l’Ecosse, des Shetlands, de la Corse et de la Sardaigne , nesont que les descendants plus ou moins modifiés de ce Cheval préhis-torique.
Mais il a existé aussi des Chevaux de plus grande taille pendantl’époque quaternaire. Pour l’Amérique , c’est indubitable; le Cheval àincisives courbes (Equus curvidens), qui parcourait l’Amérique entièreà l’époque quaternaire, avait la taille d’un Cheval assez grand. Maiscette espèce n'a pas laissé de descendants.
Le grand Cheval domestique a été introduit sans doute en Europe avec les métaux. 11 venait des environs de la Méditerranée, des Indespeut-être, où il était domestiqué depuis longtemps. Nous ne lui connais-sons pas exactement de prédécesseur quaternaire. Peut-on le faire des-cendre de l’Hémione? C'est fort douteux.
Si nous nous adressons aux Chevaux redevenus sauvages dans lessteppes de l’Asie et de l’Amérique , nous ne trouvons guère plus la solu-tion du problème. Si l’on examine les Chevaux redevenus sauvages enAsie , les Tarpans, l’on constate que leur pelage est devenu uniforme,d’un brun foncé en été, plus clair en hiver; la tête est grosse, courte,le cou long et maigre, les oreilles allongées et pointues, les sabots finset étroits. La taille a diminué; la crinière, plus courte que chez leCheval domestique, tend à se dresser, la queue est velue sur toute salongueur.
On le voit, ces Chevaux redevenus sauvages, ont fait quelquesétapes en arrière vers l’Hémione, mais la distance est encore assezgrande. Il se peut que, parla sélection, par une alimentation appropriée,ces races se soient formées de l’Hémione ; il se peut aussi que les Che-vaux quaternaires, dont on trouvera peut-être un jour les restes en Asie ,y aient contribué.
Le Cheval domestique a acquis ses qualités précieuses en grandepartie par le commerce avec l’Homme. Son courage a été la premièrequalité que l’on ait cultivée. La plus haute antiquité ne se servait duCheval que pour la guerre. C’est là qu'il brille encore aujourd’hui duplus vif éclat. Quoi qu’on en dise, son intelligence est bornée; ce que leCheval est aujourd'hui, il le doit au dressage fondé sur sa docilité etsur sa curiosité '.