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LA SUISSE PRÉHISTORIQUE
nissait le Bœuf Apis, une race à courtes cornes, et enfin une racebossue, de véritables Zébus. C’est une preuve évidente qu’à cette époquesi reculée il y avait déjà eu des contributions d’autres pays, notammentde l’Asie centrale , où les Zébus font défaut.
Or, si dans l’Europe seule il y a deux souches anciennes, le Bos pri-migenius et le Bos brachyceros, qui se sont continuées dans le bétaildomestique, en produisant les variétés et les races nombreuses quenous possédons, il n’y a aucune raison pour repousser l’opinion qui éta-blit le même fait pour l’Asie , où les espèces que l’on trouve encore, enpartie sauvages ou domestiquées, ont certainement contribué à leurtour à former des races mélangées et plus ou moins modifiées par ladomesticité. De tous ces faits, il résulterait, comme dernière conclusion,que le Bœuf domestique n’est pas une espèce, Bos taurus, commel’appelait Linné , mais au contraire un produit mélangé de facteurs mul-tiples '.
De tous ces faits, il nous semble donc permis de conclure que ladomestication du Bœuf s’est vraisemblablement effectuée, indépendam-ment, en Asie, en Europe et en Afrique , et que les races bovines quel’on rencontre dans les Palafittes néolithiques de la Suisse descendentdirectement des espèces indigènes quaternaires. D’après M. S. Zabo-rowski, professeur à l’Ecole d’Anthropologie de Paris, qui s’est occupéspécialement de cette question 1 2 , l’on peut admettre fort bien que toutesles races domestiques ne sont pas de souche indigène; ainsi le savantprofesseur pense que la première domestication de la Chèvre appartientau Midi, sinon au littoral asiatique, qu’une race de Mouton , 1 ’OvisGmelinï a été introduite d’Asie Mineure dans le centre de l’Europe ;mais il ne croit pas que pour aucune race domestique aryenne, il soitnécessaire d’aller rechercher son origine jusqu’en Asie centrale . Pourexpliquer la présence des animaux domestiques à l’Age de la pierre polie,nous n’avons à faire intervenir aucune grande migration de peuples etsurtout aucune migration de peuples aryens d’Asie en Europe . En AsieMineure, par exemple, rien ne fut aryen avant les invasions historiquesdes Thraco-Phrigiens.
Et, au contraire, toujours d’après M. Zaborowski, si nous plaçonsla patrie des Protoaryens hors d’Europe , nous nous trouvons dansl’impossibilité d’expliquer cette communauté, si générale dans les languesaryennes, des noms de nos animaux domestiques, et surtout cette filia-
1 C. Vogt. Les Mammifères, p. 428.
2 S. Zaborowski. L'origine des animaux domestiques en Europe . Association françaisepour l’avancement des Sciences. Congrès de Grenoble , 1904.