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LA SUISSE PRÉHISTORIQUE
distingué des traces de banquettes semblables à celles de la pirogue deCudrefin qui servaient à le consolider. Un autre canot identique setrouve au Musée de Lyon et a été recueilli dans le département de l’Ain ,au milieu des graviers déposés par le Rhône . Il serait facile de citer denombreux autres exemples semblables.
Hippocrate nous dit que les habitants du Phase se transportaientd’un lieu à un autre dans des pirogues faites d’un seul tronc d’arbre 1 etil est certain que les insulaires de l'Océan Pacifique devaient fabriquerde ces canots longtemps avant que les Européens leur apportassent laconnaissance du métal. Les canots gravés sur les rochers de la Suède ,bien que postérieurs, peuvent donner une idée assez exacte de ce quepouvaient être les premiers et faibles essais de constructions navales.
En résumé, la navigation remonte probablement à une époque fortreculée dans l’antiquité. Les troncs grossièrement équarris, creusés surle modèle de l’arbre échoué sur la vase, ont bientôt une proue destinéeà fendre plus facilement les eaux. L’expérience fait connaître l’avantaged’un mât destiné à porter la voile; le vent devient l’auxiliaire del’Homme. Plus tard, le bateau se construit avec plusieurs pièces de bois,avec des planches jointes ensemble par des chevilles, puis, plus tardencore, par des clous de cuivre, de bronze ou de fer, à mesure quel’usage des métaux se répand chez les divers peuples. Enfin, ces bar-ques se réunissent pour l’attaque et pour la défense ; la flotte est créée.De longs siècles se sont sans doute écoulés, depuis que l’Homme seconfiait en tremblant à l’arbre qui descendait le courant au gré desvents et des flots ; les Vénètes, pour ne prendre que ce seul exemple,possédaient des navires puissants ; ils les manœuvraient tantôt à larame, tantôt à la voile. Ils connaissaient les ancres, les chaînes en ferpour les attacher au rivage, et la lutte qu’ils soutinrent contre la flottede César, dans la mer de Morbihan , montre leur puissance. On est saisid’une juste admiration en suivant les progrès accomplis par ces Hommespartis d’un si humble début, avec de si faibles moyens à leur disposi-tion. Que sera-ce donc si nous reportons un instant notre pensée auxmerveilles dont nous sommes chaque jour témoins ; à ces villes flottan-tes, à ces puissants vaisseaux, à ces navires qui triomphent du temps etde l’espace, ces limites que la Nature elle-même semblait avoir mises àla noble ambition de l’Homme (de Nadaillac. Les Premiers Hommes).
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