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LA SUISSE PRÉHISTORIQUE
sans s’arrêter de siffler, elle trouvait un garçon ; si, au contraire, elledevait s’interrompre, elle recevait une fille. Dans ma jeunesse, cette tra-dition me frappait. Mais bientôt les légendes de pierres à glissade etde cérémonies semblables, invoquant toujours le mariage, la féconda-tion et la reproduction, se multipliaient. Dès ce moment, je me rendiscompte qu'il ne s’agissait pas, comme je le soupçonnais au commence-ment, d'une invention villageoise, mais d’une croyance religieuse trèsancienne, plus ou moins complètement conservée et pratiquée encorede nos jours en de nombreux endroits.
Déjà les Athéniennes stériles avaient en bas de l’Acropole leurpierre à glissade pour s’y rendre certaines nuits dans le but de devenirfécondes par une glissade exécutée d’après un cérémonial prescrit. Ilparaît que la pierre en question existe encore de nos jours.
Les divinités citées à propos de cette pierre à glissade d’Athènes prouvent que l’usage en remonte au temps des Egyptiens , ce qui nouspermet de le supposer encore plus ancien et venant de l’Asie . Toutesces traces doivent remonter à la même source '. »
Gabriel de Mortillet , récapitulant ce que l’on sait sur les cupules etles signes gravés sur les pierres et les roches qu'il considère aussicomme d’anciennes écritures, admet pour les temps préhistoriques etprotohistoriques une écriture figurative et une écriture symbolique:
1. Ecriture figurative :
Partie des signes gravés dans les monuments mégalithiques. Repré-sentation de divers objets rappelant les faits historiques. Ces signesremontent au moins au passage de l’Age de la pierre à celui du bronze,transition entre le Préhistorique et le Protohistorique.
2. Ecriture symbolique:
Autre partie des gravures mégalithiques. Figures emblématiquesauxquelles on a donné un sens conventionnel.
Les godets des pierres à cupules rentrent probablement dans cettecatégorie, à moins que la cupule ne soit un simple chiffre d’énuméra-tion indiquant des nombres par sa répétition. (Formation de la nationfrançaise. 1897, p. 178).
En terminant, nous admettons avec M. Rcbcr, que partout, les« cupules » simples ou liées faisaient partie intégrale des groupes de
1 B. Reber. Analogies entre les gravures préhistoriques, les noms des monuments etles traditions qui s'y rattachent. Revue préhistorique, 1907, p. 244-245.)