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LA SUISSE PRÉHISTORIQUE
ment paléolithique. Coup de poing acheuléen au Châtelard, lame de cou-teau en silex à Pierra-Portay ; cuirasse de défenses de Sanglier , perlesde collier en os, en jayet, en Corail, coquilles marines, Tritons et Pec-toncles, perforées pour en faire des plialères et ornements analoguesdes vêtements, dans les trois cimetières de Cliamblandes, de Verney etde Pierra-Portay ; ocre rouge pour la peinture ; absence complète depoterie. Tout cela semble bien nettement paléolithique. Mais en mêmetemps la hachette de stéatite de Pierra-Portay, la superbe hache deserpentine à douille de Verney font descendre ces tombes au néolithi-que. D’après la description de M. Schenk, les tombelles de Montagnysont parfaitement néolithiques, analogues, dit-il, aux Palafittes de Che-vroux. Quant à celles de Verschiez, de Charpigny et de St-Triphon,elles sont incontestablement de l’Age du bronze .
11 est difficile de se prononcer définitivement d’après des descrip-tions aussi incomplètes que celles des auteurs qui nous ont parlé de cesdernières nécropoles ; mais j’avoue que je suis disposé à éliminer lescimetières de Verschiez, de Charpigny et de St-Triphon de la série destombes cubiques qui nous occupent.
Quant aux cimetières des environs de Pully et Lutry , Châtelard,Chamblandes, Verney, Pierra-Portay, qui se suivent à mi-côte sur unelongueur de quatre kilomètres environ, de par la règle archéologiquequi fait dater l’ensemble d’une trouvaille par la pièce la plus récente, ilssont de l’époque néolithique : la hache du D r Ch. Marcel, la lame destéatite de L. de Montet sont décisives pour cette détermination. Mais,d’une part, ces deux pièces sont de types très spéciaux, très différentsdes types ordinaires des Palafittes, très rarement représentés dans lesruines de ceux-ci ; d’autre part l’absence absolue de poterie, si abon-dante dans tout ce qui appartient à nos stations lacustres, m’empêchejusqu’à nouvel avis d’attribuer ces quatre cimetières au peuple qui bâtis-sait ses villages sur nos lacs.
Enfin, et c’est le grand argument qui nous fait écarter l'hypothèseque ces cimetières à tombes cubiques seraient les champs funèbres desPalafitteurs, il n’y a pas de relations nécessaires entre les villages et lescimetières; je ne connais aucun Palafitte dans le voisinage des cime-tières en question, et inversément on n’a nulle part trouvé des cime-tières à tombes cubiques dans le voisinage des Palafittes de nos lacssubalpins et subjurassiens. » 1
Les tombes de Chamblandes que nous avons fouillées en 1901 ren-fermaient généralement deux squelettes couchés sur le côté gauche,
1 F-.A. Forci. Le I.étnan. T. III, p. 468.