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parer à tout équivoque, nous déclarons que nous garderons cependantle nom d'Aryens pour désigner les peuples parlant un dialecte indo-ger-manique. Ce nom est trop ancré pour que nous renoncions à l’avantagequ’il présente d’être généralement compris. Plus spécialement nousdésignerons par Aryens le peuple primitif que les Allemands appellent :das indogermanische Urvolk.
Déjà on pourrait nous accuser de jeter la confusion dans la ques-tion aryenne en parlant de peuples aryens et de langues aryennes. Eneffet, le nom de peuple suppose une unité ethnique, alors que cetteunité ne s’applique nullement au groupe qui parle une seule et mêmelangue. Aussi, la linguistique comparée évite-t-elle avec soin de parlerde peuples indo-européens ; elle ne connaît que des langues indo-euro-péennes . La langue n’est pas un critère de race, bien qu’on l'ait cruassez longtemps. Et cette identification de race et de langue a été lacause de beaucoup d’erreurs. La langue, en effet, est transmissibled’une race à l’autre sans altération, alors que deux races ne se mélan-gent pas sans s’altérer profondément. Cependant, si nous prêtons lenom de peuple à un groupe qui parle une langue déterminée, nous netouchons pas à la question de race ; ce sera donc plutôt pour la facilitéde l’expression que ce terme se trouvera employé, la question de racerestera, pour le moment, entièrement réservée.
Il est intéressant de voir d'abord ce que l’on a pensé des Aryens,encore il y a un quart de siècle. Tout l’état des connaissances d’alors setrouve résumé dans l’introduction à l'histoire de la littérature allemandepar W. Scherer, parue en 1883 en première édition.
« Tacite , dit-il, en discutant la question de savoir si les Germainssont un peuple immigré ou de race autochtone (aborigènes), se décidepour cette dernière supposition, vu qu’un pays aussi rude que la Ger-manie n’aurait pu attirer personne. Donc, pour vouloir l’habiter, il fal-lait y être né.
La science donne une réponse différente. De la parenté des lan-gues, elle conclut à la parenté des peuples; elle reconstitue des peuplesprimitifs qui se propagent et se ramifient par migrations; de la simili-tude des mots, elle conclut à une similitude des choses et arrive ainsià déterminer l’état de civilisation du peuple primitif. Les vainqueurs deRome, conclut Scherer, combattaient contre un peuple qui avait autre-fois parlé une même langue avec eux et avait fait avec eux le chemind’Asie en Europe . »
Nous nous trouvons ici en présence de plusieurs affirmations (piela science, dans la seconde moitié du XlX" le siècle, considérait commeautant de certitudes :