I.A QUESTION ARYENNE
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pas au peuple primitif un type unique. Nous savons, par le secours del’anthropologie préhistorique, qu’à une certaine époque un type spé-cial, dolichocéphale et de haute taille, a prédominé ; ce type doit avoirparlé une langue aryenne, car il revient dans les temps historiques, por-tant les mêmes marques de race et parlant aryen. Il vient du Nord. Oùa-t-il appris sa langue? Faut-il supposer que ces barbares du Nord,incapables d’aucun progrès par eux-mêmes mais en possession du plusmerveilleux instrument pour l’évolution de la pensée humaine, aient puacquérir au Sud des civilisations supérieures, tout en y implantant leurparler? Plus j’y réfléchis, plus je reviens à ma supposition énoncéeplus haut, qu'il y a eu plusieurs invasions préhistoriques aryennes,qu'il faut reculer de beaucoup la date de l'unité primitive.
Certains anthropologues ne veulent pas entendre parler d’une racearyemle. Dans une étude critique : « l’Aryen et l’Anthropologie » le doc-teur E. Houzé a terminé sa première partie par cette conclusion : « Leprétendu Aryen n'est pas un peuple primitif, c’est une invention decabinet de travail. » Ces derniers mots sont en même temps une cita-tion tirée d’un travail du professeur Mayer de Bonn * Die Nigritier(Berlin 1876). J'avoue ne pas connaître les travaux de M. Mayer; maiss’il est exact qu’il ait pu dire : j'ai toujours combattu l’idée de l’origineasiatique des habitants de la terre ou leur descendance des prétendusAryens, il peut avoir raison dans la première partie de sa déclaration,mais il fait dire ensuite aux linguistes ce qu'ils n’ont jamais affirmé,sous cette forme générale, du moins. D'abord précisons. Il ne s’agit pasdes habitants de la terre, mais d’une des nombreuses races qui la peu-plent. Puis, cette appellation d’Aryen ne peut toujours avoir qu’uneportée relative. Elle ne s’applique pas à une race. Ce nom n’est peut-être pas le dernier mot de la science. 11 doit cependant y avoir eu unpeuple, un seul, dont le langage contenait en germe toute cette richefloraison qui en est sortie dans le cours de nombreuses périodes de siè-cles. Que nous appelions ce peuple du nom d’Aryen, d’après une appel-lation tirée d’une des plus vénérables branches indo-européennes, qu'ya-t-il là de quoi s’offusquer? M. Houzé dit bien que son incompétenceen matière linguistique lui interdit la discussion détaillée sur ce terrain.Il m'a semblé, en effet, que plusieurs de ses affirmations touchant cedomaine partaient d’une information peu sûre. D’autre part, nouspourrions invoquer M. Houzé en faveur de l’origine européenne de cesAryens auxquels il en veut, car il croit trouver en Europe le prototypedes animaux domestiqués que d'autres veulent faire venir d’Asie .
Toute la polémique autour de cette question aryenne me sembleprouver la nécessité d'un accord entre les différentes sciences, anthropo-