« à la guerre (I), au bout d’une lance, quelque chose« qui lui avait appartenu, sans qu’on puisse préciser« si c’était le manteau du saint, le rochet sans man-« ches dont il s’était servi, ou le voile qui couvrait« son tombeau » (2), et qu’ensuite une bannière futfaite à l’imitation et en commémoration de cetterelique (3).
La tradition a attribué la couleur bleue à la ban-nière de saint Martin, soit parce que le bleu était lacouleur du manteau que le saint partagea avec unpauvre, soit parce que ce fut la couleur des confes-seurs de la foi, ainsi qu’il est écrit dans des règle-ments d’anciennes églises : In festis sanctonm Martini,Denedicti, Lttpi et aliorum confessormn, ornamenta cœ-rulei coloris.
En 732, les Sarrasins, conduits par leur roi Abdé-rame, après avoir mis en déroute le duc d’Aquitaine ,menacèrent d’envahir la France. Le duc d’Austrasie ,maire du palais, « Charles, qui devait, à partir de ce« moment, recevoir le surnom de Martel, accourt
(1) Ilujus capa l-'rancoruin regibus ad bclla eunlibus pro signaanteferebalur. Ducange , Glossaire, au mot Capa s. Martini.
(2) Rev, Histoire du drapeau , des couleurs et des insignes de lamonarchie française. Paris , 1837, t. i, p. 148.
(3) « Depuis le triomphe de la religion chélienne, il est arrivé« souvent, qu’outre les enseignes d’origine ou de dévotion, on a« porté à la guerre des choses plus saintes encore, comme si l’on« eût voulu témoigner plus hautement sa foi, et marquer que l’on« se glorifiait de combattre en même temps pour la religion et pouru la pairie. Les empereurs grecs, surtout dans les expéditions con-« tre les infidèles, faisaient marcher la vraie croix devant le laha-« rum. » Rev, Histoire dit drapeau, t. r, p. 1 il.