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Les drapeaux français : étude historique / par le comte L. de Bouillé
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a étendard auquel il semble bien qu’il y ait lieu d’at-« tribuer un caractère national (1), et que l’on pour-« rait, ce semble, supposer même avec quelque rai-« son que, transmise à ses héritiers avec sa couronne« par le grand empereur, elle fut, avant la bannière« de Saint-Denis , l’étendard religieux et national des« Français , l’oriflamme par excellence (2). »

L’origine romaine et non française de cette ban-nière est pourtant bien indiquée par les vers de lachanson de Roland que cite M. Sepet :

Montjoie ils crient ! Entre eux est Charlemagne.

Geoffroy d’Anjou y porte l’oriflamme, fût de Saint-Pierre et avait nom romaine. Mais de Montjoie sonnom là prit échange (3).

Dans ce même poème nous voyons que les gonfa-nons de l’armée de Charlemagne étaient blancs etvermeils et bleus :

« E gunfanuns blancs e vermcilz e blois. »

Il en est de même, du reste, dans celle des Sar-rasins :

« E gunfanuns blancs e blois e vermcilz. »

Roland, commandant l’arrière-garde qui fut- dé—

(1) M. Sepet, le Drapeau ..., p. 21.

(2) Ibid. , p. 24.

(S) Ibid. , p. 23 cl en note.

Munjoie escrient. Odelsest Carlemaync,

Gefreiz d’Anjou portet l’orie-flambe,

Scint Pierre fut, si aveit num Romaine;

Mais de Munjoie ilocc outpris cscange.

La chanson de Roland, texte critique par Ldon Gautier, Tours,1872, in-18, p. 163, strophe cclii (ecxxvm de Fbd.gr. in-8°).