Bannières des paroisses et des communes.
Philippe I er (monté sur le trône en 1060, mort en1108), pour avoir une force militaire indépendantedu concours, souvent incertain, des grands vassaux,surtout lorsqu’il s’agissait de guerroyer contre l’und’eux, ordonna « que les évêques s’entendraient àl’avenir avec les bourgeois des villes pour lever lesmilices par communes, ou paroisses, que les troupesfournies ainsi marcheraient leurs curés en tête etavec la bannière de l’église. Le Roi de France et leduc de Normandie allèrent durant le carême (1090)assiéger Breherval et furent deux mois à ce siège.Là, les curés, avec leurs paroissiens, portèrent leursbannières : les abbés y vinrent aussi avec leurs vas-saux » (1). Le P. Daniel (Milice française ) pensequ’auparavant les paroisses ne portaient dans lesprocessions que la croix sans bannière et qu’alors seu-lement on aurait ajouté à la croix ces bannièrescomme étendards et signes de reconnaissance pour leservice de guerre (2). Il s’appuie sur l’étymologie dumol bannière, venant de bannum et signifiant l’ordre
(1) Rey, Hist. du drapeau , t. I, p. 159. Ordcric Vital, Huit, deNorm., ]..vin.xi. xii.
(2) Dès le IX' siècle les paroisses ou villes avaient pourtant déjàdes bannières ; en 886, au siège de Paris par les Normands, la ban-nière des défenseurs de la ville était jaune couleur de safran, lemoine Abbon (Siège de Paris, L. i) dit que sa vue jetait la terreur