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Un instant, du temps de Philippe-Auguste même,les Français quittèrent la croix rouge pour la croixblanche, puis ils ne tardèrent pas à la reprendre. En1328, Philippe de Valois , cousin germain des troisderniers rois de France, succéda à Charles IV , parapplication de la loi salique, qui excluait les femmesde la succession. Isabelle de France, reine d’Angle-terre , sœur des derniers rois, réclama la couronnede France pour son fils Edouard III , comme plus pro-che héritier des derniers Capétiens directs; mais ceprince n’avait que seize ans, et les barons anglais n’étaient pas disposés à entamer alors une guerrepour soutenir ses prétentions. Tout se borna donc àune protestation d’Isabelle ; quinze ans plus tardEdouard III était en pleine guerre contre la France .En 1350, pendant une trêve, Philippe VI de Valois mourut; les Français portaient alors la croix rouge,dans une miniature du manuscrit de Froissart (Bibl.nat.), représentant les funérailles de ce roi; le drapmortuaire est bleu semé de fleurs de lis d’or et tra-versé par une croix rouge. En 1355 la trêve étantexpirée, la guerre recommença avec acharnement, etil est probable qu’alors Edouard, accentuant sesprétentions à la couronne de France , fit porter à sonarmée la croix rouge des Français, car à la bataillede Poitiers , si Ton s’en rapporte au manuscrit deFroissait, les Anglais portaient la croix rouge et lesFrançais la croix blanche pour se distinguer de leursadversaires. On n’attachait du reste alors à cette croixpas d’autre idée que celle de signe distinctif; ellene figurait pas encore sur les enseignes, ainsi qu’onpeut le voir dans la pièce de 1337 que nous citons